Le cycle de la maltraitance comporte quatre étapes, chacune avec des comportements spécifiques qui se produisent lorsque les agresseurs contrôlent leurs victimes par la peur et la manipulation. Ce cycle définit les relations intimes abusives, aidant les victimes à en identifier les signes. Ensuite, ils peuvent élaborer un plan poursans risqueéchapper à la relation.
Accédez aux points clés à retenir.
Quel est le cycle de la maltraitance ?
Le cycle de la maltraitance est une théorie créée par la psychologue Lenore Walker en 1979 pour expliquer la violence relationnelle. La théorie donne un aperçu des abus commis par un partenaire intime.
Les étapes montrent comment les agresseurs se comportent et comment les relations abusives suivent souvent un schéma répétitif. Ce schéma aide à expliquer pourquoi les victimes peuvent rester dans ces relations néfastes, même si elles sont blessées.
Walker a identifié quatre étapes, même si elles ne suivent pas de calendrier précis. L’achèvement d’un cycle peut se produire en une journée, plusieurs jours, semaines ou même mois.
Les étapes peuvent occasionnellement changer d’ordre. De plus, les types de maltraitance peuvent changer au cours d’un cycle ou d’un cycle à l’autre.
Types d’abus
Le cycle de la maltraitance comprend toute action visant à contrôler, manipuler ou blesser une autre personne. Les différents types d’abus dans le cadre de la violence conjugale comprennent :
Violence physique :L’agresseur utilise la force physique pour causer des blessures ou susciter la peur. Ils peuvent frapper, mordre, donner des coups de pied, étrangler, bousculer ou utiliser une arme.
Abus émotionnel et psychologique :Il s’agit d’une manière non physique pour l’agresseur de contrôler et de démoraliser son partenaire et de détruire l’estime de soi de son partenaire. Ils utilisent des mots et des émotions comme la colère et la jalousie pour insulter, humilier, intimider et allumer leur partenaire. L’agresseur peut exiger l’attention de sa victime, contrôler son temps ou lui reprocher tout. Ils peuvent délibérément isoler la victime de ses amis et de sa famille.
Abus sexuel:L’abus sexuel est toute action qui contrôle l’activité sexuelle d’une autre personne ou les circonstances dans lesquelles elle a des relations sexuelles. Cela inclut également les agressions sexuelles, le viol par un partenaire et l’exploitation sexuelle.
Abus reproductif :Cela se produit lorsque l’agresseur contrôle les choix reproductifs de la victime. La maltraitance reproductive comprend la restriction de l’accès au contrôle des naissances ou le sabotage. Cela implique également des comportements coercitifs comme menacer de mettre fin à la relation ou de faire du mal à quelqu’un si vous n’avez pas de relations sexuelles.
Exploitation financière :La rétention d’argent et la restriction de l’accès aux fonds communs sont couramment utilisées pour contrôler le comportement d’une autre personne.
Traque :Le harcèlement est souvent associé à des personnes extérieures à la relation amoureuse. Cependant, un partenaire ou un conjoint violent peut également vous traquer, vous surveiller ou vous suivre.
Abus numérique :L’abus numérique est une forme d’abus émotionnel et psychologique commis par le biais d’envois de SMS et de réseaux sociaux.
Quelles sont les quatre étapes ?
Le cycle initial de maltraitance comprenait quatre étapes. Certains professionnels ont raccourci le cycle à trois.D’autres ont développé une théorie plus détaillée, définie dans la roue du pouvoir et du contrôle.
La ligne d’assistance nationale contre la violence domestique évite délibérément d’utiliser le terme « cycle » car il implique qu’il y a toujours des étapes prévisibles.Bien que de nombreuses relations abusives comportent des éléments similaires à ceux du cycle de la violence, elles peuvent ne pas passer par les mêmes étapes spécifiques.
Cependant, le cycle initial de la violence en quatre étapes reste un bon modèle pour vous aider à comprendre ce qui se passe au cours d’une relation abusive.
Voici les quatre étapes avec des exemples concrets de ce qui peut se produire dans chaque phase :
Étape 1 : Création de tension
La phase de montée des tensions commence alors que la relation est encore en phase de « lune de miel ». Vous commencez à voir des signes de violence tandis que le stress et les tensions dans la relation commencent à augmenter. À ce stade précoce, la relation est généralement bonne, vous pouvez donc ignorer les signaux d’alarme.
Même si l’agresseur peut être déclenché par un stress externe, tel que des difficultés professionnelles ou des problèmes financiers, il n’a pas besoin d’excuse pour être violent. Et rappelez-vous que la plupart des gens gèrent le stress quotidien sans recourir à des comportements abusifs.
Les comportements courants au cours de cette phase incluent :
- Traitement silencieux :L’agresseur ignore ou refuse de parler à la victime, la laissant se sentir abandonnée ou exclue.
- Explosions émotionnelles :L’agresseur manifeste sa colère ou sa frustration de manière inattendue, réagissant souvent fortement à des problèmes mineurs.
- Irritabilité:L’agresseur est frustré ou bouleversé à cause de petites choses insignifiantes.
- Blâmer :L’agresseur accuse la victime de causer des problèmes ou du stress dans la relation.
- Jalousie:L’agresseur remet en question ou critique les interactions de la victime avec les autres.
- Critiquer: L’agresseur critique des choses petites et insignifiantes.
À mesure que la tension augmente, l’agresseur peut devenir plus dominateur, tandis que la victime devient plus anxieuse, essayant d’éviter de déclencher l’agresseur. Cette anxiété et cette peur toujours croissantes ont ouvert la voie à l’incident violent.
Étape 2 : Incident d’abus (violence)
La tension accumulée est relâchée. L’agresseur adopte des comportements nuisibles pour retrouver un sentiment de pouvoir et de contrôle. Ils peuvent agir avec violence, que la violence soit physique ou verbale. Les abus sont généralement imprévisibles et explosifs, et il peut être difficile pour la victime de les éviter.
Les incidents ont tendance à se produire plus fréquemment et à devenir de plus en plus violents au fil du temps. Les comportements abusifs au cours de cette étape peuvent inclure :
- Les insultes lancées :L’agresseur insulte la victime ou l’attaque verbalement, causant un préjudice émotionnel.
- Briser des biens :L’agresseur détruit ou endommage des objets pour intimider ou contrôler la victime.
- Menace de préjudice :L’agresseur menace de blesser la victime, ses proches ou ses animaux de compagnie pour susciter la peur. Ou encore, ils peuvent menacer de se faire du mal pour vous empêcher de faire quelque chose.
- Comportements de contrôle :L’agresseur tente de contrôler ce que porte la victime, son comportement ou ses activités quotidiennes.
- Violence physique ou sexuelle :L’agresseur peut se livrer à des actes de violence physique ou sexuelle, aggravant ainsi le préjudice.
- Manipulation émotionnelle :L’agresseur cible les insécurités de la victime ou nie ses actes répréhensibles pour la confondre et la contrôler.
Durant cette phase, la victime peut se sentir effrayée, piégée, impuissante ou engourdie. Cependant, ils répondent généralement. Ils peuvent crier et se battre, riposter de manière défensive, s’enfuir ou appeler la police.
À mesure que la victime rétablit ses limites, l’agresseur passe à la troisième étape, la réconciliation.
Étape 3 : Réconciliation
À ce stade, la tension commence à s’atténuer. L’agresseur tente de s’excuser, de regagner la confiance de la victime et de rétablir la relation. Essentiellement, ils essaient de revenir à la « phase de lune de miel » de la relation.
Au cours de cette étape, la victime peut ressentir une poussée de lien émotionnel en raison du comportement affectueux de l’agresseur. La libération de l’ocytocine, une hormone du « bien-être », dans le cerveau peut créer un sentiment de proximité, faisant croire à la victime que les choses reviennent à la normale. Toutefois, cela est souvent de courte durée.
Les comportements au cours de cette phase peuvent inclure :
- Cadeaux et affection :L’agresseur peut offrir des fleurs, des bijoux ou d’autres cadeaux pour s’excuser et regagner les faveurs.
- Promesses de changement :L’agresseur peut dire des choses comme « je ne recommencerai plus jamais » ou « je vais consulter un conseiller » dans le but de convaincre la victime qu’elle va changer.
- Minimiser les abus :L’agresseur peut exprimer des regrets, mais minimise souvent la gravité de ses actes ou accuse la victime d’être à l’origine de l’incident.
Cette période de réconciliation peut conduire à un lien traumatique, où la victime se sent émotionnellement liée à l’agresseur malgré le préjudice causé. Ce lien, semblable au syndrome de Stockholm, maintient la victime psychologiquement attachée, ce qui rend plus difficile la rupture de la relation.
Étape 4 : Calme
La tension se dissipe complètement dans un sentiment temporaire de paix. Durant cette étape, l’agresseur peut manifester des remords et promettre que l’abus ne se reproduira plus. Ils deviennent généralement plus aimants ou attentifs aux besoins de leur partenaire.
Cela peut amener la victime à se sentir rassurée et à espérer que les choses s’améliorent. La victime peut commencer à croire que le comportement abusif appartient véritablement au passé, ce qui atténue encore davantage la tension et renforce le cycle de la violence.
Les comportements courants au cours de cette phase incluent :
- Justifier l’abus :L’agresseur peut prétendre que des facteurs externes comme le stress ou le travail sont à l’origine de ses actes.
- Minimiser l’incident :L’agresseur minimise la gravité de l’abus ou nie qu’il ait jamais eu lieu.
- Changement prometteur :Une fois de plus, l’agresseur assure à la victime qu’il va changer, promettant souvent que l’abus ne se reproduira plus.
- Affection accrue :L’agresseur devient plus aimant, attentif et compréhensif, essayant de compenser son comportement abusif.
Le calme perpétue le cycle
L’étape du calme est cruciale à identifier car elle perpétue le cycle des abus. Une fois le calme rétabli, l’agresseur passe des excuses au gaslighting. Le gaslighting signifie que l’agresseur manipule la victime en l’amenant à remettre en question ses perceptions, ses sentiments et ses pensées.
L’agresseur peut :
- Insistez sur le fait que la mémoire de leur partenaire est erronée et qu’ils ne se souviennent pas avec précision de l’incident
- Suggérez que leur partenaire méritait ce qui s’est passé.
- Affirmer que le comportement de leur partenaire était tout aussi blessant
- Déprécier ou rabaisser les opinions de leur partenaire
- Ignorer les sentiments de leur partenaire
L’étape calme favorise les abus, car le gaslighting rend la victime confuse et inquiète. Ils peuvent douter d’eux-mêmes ou accepter le blâme. (La victime estjamaisresponsable de l’abus.)
Ce doute de soi, combiné à la conviction que l’agresseur les aime et aux souvenirs de la qualité de la relation, permet au cycle de recommencer.
Toutes les relations abusives suivent-elles le cycle ?
Le cycle de la maltraitance est une théorie bien connue qui a aidé de nombreuses personnes à réaliser qu’elles se trouvent dans une relation abusive et à prendre des mesures pour s’en libérer. Il explique comment les abus peuvent se répéter selon un schéma prévisible, ce qui permet aux individus d’identifier plus facilement les signes et de demander de l’aide.
Cependant, il s’agit d’une théorie et non d’une règle absolue. La maltraitance ne suit pas toujours un cycle clair et peut apparaître sous différentes formes, certains cas ne montrant aucune tendance.
La maltraitance peut être soudaine, imprévisible ou varier considérablement d’une relation à l’autre. Il est essentiel de comprendre que toutes les formes d’abus sont néfastes, qu’elles correspondent ou non au cycle, et que chaque situation doit être traitée individuellement.
Est-il possible de reconnaître des signes subtils de maltraitance ?
Les abus commencent souvent de manière subtile et deviennent de plus en plus nocifs avec le temps. La violence physique est un signe évident, mais d’autres types de maltraitance ne sont pas toujours faciles à identifier. Vous pouvez vous sentir incertain, en insécurité, manipulé ou contrôlé, mais vous ne savez pas pourquoi.
Armé des descriptions des quatre étapes, vous serez mieux préparé à reconnaître les abus.
De plus, WomensLaw.org, un groupe qui soutient les survivants, suggère de vous poser les questions suivantes pour identifier les signes subtils d’abus.
Votre partenaire :
- Déposer vos objectifs ou vos réalisations ?
- Se moquer de vous ou vous rabaisser devant votre famille ou vos amis ?
- Vous avez l’impression que vous ne pouvez pas prendre de décisions sans eux ?
- Dites : « Vous n’êtes rien sans moi. »
- Utiliser l’intimidation pour vous amener à faire ce qu’ils veulent ?
- Vous empêche de faire des choses que vous aimez, comme une soirée entre amis ?
- Vous avez l’impression qu’il n’y a aucun moyen de sortir de la relation ?
- Envoyez des SMS, des appels ou des e-mails plusieurs fois par jour pour prendre de vos nouvelles ?
- Vous blâmer pour leurs actions ?
Est-ce que tu:
- Marcher sur des œufs, en faisant tout votre possible pour éviter tout ce qui pourrait déclencher un comportement abusif ?
- Trouver des excuses pour les comportements de votre partenaire ?
- Refuser les invitations de vos amis et de votre famille ?
- Croyez-vous que votre partenaire cessera d’être violent si vous changez ?
- Faites toujours ce que votre partenaire veut (peu importe ce que vous ressentez ou ce que vous voulez faire) ?
- Rester dans la relation parce que vous avez peur de ce que pourrait faire votre partenaire si vous la quittez ?
Comment puis-je briser le cycle ?
Vous pouvez vous sentir pris au piège dans le cycle, ne pas savoir comment échapper à votre partenaire ou craindre pour votre sécurité. Cependant, vous pouvez briser le cycle et échapper à une relation abusive avec un peu de planification et de soutien.
Même si « partir en toute sécurité » figure au bas de cette liste, cela devrait toujours être une priorité dans votre esprit.
Si vous n’êtes pas en danger immédiat, prenez le temps de vous préparer et choisissez soigneusement le moment où vous pouvez partir en toute sécurité, par exemple lorsque vous savez que votre partenaire ne sera pas à la maison.
Voici cinq étapes à suivre pour briser le cycle de la maltraitance :
- Reconnaissez le schéma et reconnaissez l’abus :Reconnaître les abus est la première étape pour s’en libérer. Vous ne serez pas conscient de la nécessité d’échapper à la relation tant que vous n’aurez pas vu le problème. Acceptez que la maltraitance ne soit pas un incident isolé, mais fait partie d’un schéma répétitif plus vaste.
- Rechercher de l’aide :Parlez à des amis de confiance, à des membres de votre famille ou à un thérapeute. Vous pourriez également avoir besoin d’une assistance juridique si vous envisagez une séparation ou une protection. Connectez-vous avec un défenseur local de la violence domestique pour obtenir du soutien et de l’aide pour planifier votre départ.
- Utilisez les ressources disponibles :Des organisations telles que la Coalition nationale contre la violence domestique et la Hotline nationale contre la violence domestique fournissent un soutien précieux, notamment des conseils juridiques, des lignes d’assistance téléphonique, des refuges et des services de conseil.
- Commencer la thérapie :Une thérapie individuelle ou des groupes de soutien pour les victimes de maltraitance peuvent vous aider à faire face à vos pensées et à vos sentiments, à enseigner des techniques d’adaptation et à soutenir votre projet d’évasion. La thérapie de couple n’est pas appropriée pour les relations abusives dans lesquelles l’un des partenaires affirme sa violence, son pouvoir et son contrôle sur l’autre.
- Partez en toute sécurité :Créez une stratégie de sortie sûre. Rassemblez les documents importants et les coordonnées en cas d’urgence, mettez de côté de l’argent liquide et emportez l’essentiel. Identifiez où vous irez lorsque vous partirez. Lorsque vous êtes prêt, partez rapidement et en privé, avec les conseils et le soutien de professionnels de la violence domestique.
Si vous êtes en danger
Si vous avez besoin d’aide urgente, appelez la ligne d’assistance nationale contre la violence domestique au 1-800-799-SAFE (7233) ou envoyez « START » par SMS au 88788 pour obtenir de l’aide. Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 911. Vous n’êtes pas seul : il y a des gens prêts à vous aider.
Points clés à retenir
- Les relations abusives commencent par des signes subtils. Identifier ces signes est la première étape cruciale pour briser le cycle de la maltraitance.
- Le cycle de la maltraitance suit un schéma répétitif, mais il peut ne pas respecter strictement les quatre étapes. Il est essentiel de reconnaître le type de comportement de votre agresseur.
- Lorsque vous êtes prêt à briser le cycle, planifiez votre évasion (si vous n’êtes pas en danger immédiat) et demandez de l’aide pour assurer votre sécurité.
