Dysmorphie corporelle : symptômes, exemples et comment aider

Points clés à retenir

  • Les personnes atteintes de dysmorphie corporelle s’inquiètent beaucoup des défauts mineurs ou inexistants de leur apparence.
  • La thérapie cognitivo-comportementale peut aider à réduire les symptômes du trouble dysmorphique corporel.
  • Plus de la moitié des personnes atteintes de dysmorphie corporelle sont célibataires et plus de 20 % sont au chômage.

La dysmorphie corporelle, ou trouble dysmorphique corporel (BDD), est un problème de santé mentale dans lequel les personnes deviennent obsédées par des aspects de leur apparence que les autres ne remarquent peut-être même pas. Elle touche aussi bien les hommes que les femmes et est plus fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes.

Les personnes atteintes de BDD ont souvent l’impression que quelque chose ne va pas ou de « laid » chez elles, ce qui les amène à constamment vérifier dans les miroirs, à éviter les événements sociaux ou à se comparer aux autres. Ces pensées peuvent être difficiles à contrôler et provoquer une tristesse, une anxiété et un embarras intenses.

Bien que le BDD puisse être géré, il ne disparaîtra peut-être pas complètement pour tout le monde. La thérapie, en particulier la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), et parfois les médicaments, peuvent aider à réduire les symptômes. Si vous connaissez une personne atteinte de BDD, il est important de l’écouter sans la juger, de l’encourager à parler à un professionnel de la santé mentale et d’éviter de se concentrer sur son apparence. Le soutien et la compréhension peuvent les aider à se sentir moins seuls et leur donner la confiance nécessaire pour demander de l’aide.

Si vous ou un de vos proches souffrez d’un trouble dysmorphique corporel, contactez la ligne d’assistance nationale de la Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA) au800-662-4357pour obtenir des informations sur les installations de soutien et de traitement dans votre région.

Si vous avez des pensées suicidaires, composez988pour contacter la ligne de vie 988 Suicide & Crisis et vous connecter avec un conseiller qualifié. Si vous ou un de vos proches êtes en danger immédiat, appelez911.


Qu’est-ce que la dysmorphie corporelle ?

Le « Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, cinquième édition » (DSM-5) définit le trouble dysmorphique corporel (BDD) comme un problème de santé mentale impliquant une préoccupation intense pour un ou plusieurs défauts physiques perçus.

Classé sous les troubles obsessionnels compulsifs et apparentés, le BDD implique à la fois des pensées persistantes et intrusives sur l’apparence (obsessions) et des actions répétées pour réduire l’anxiété créée par ces pensées (compulsions).

Le DSM-5 précise que les personnes atteintes de BDD doivent présenter des comportements répétitifs (par exemple, vérifier un miroir, un toilettage excessif) ou des actes mentaux (par exemple, comparer leur apparence avec les autres) en réponse à des problèmes d’apparence.  

Les personnes atteintes de BDD croient souvent que les autres remarquent et jugent leurs défauts perçus, même si ces défauts sont à peine visibles ou invisibles pour les autres. Cette croyance peut rendre les situations sociales accablantes, entraînant des sentiments de gêne, d’anxiété ou d’inconfort envers les autres.

Le BDD est une maladie complexe et souvent mal comprise qui peut avoir un impact significatif sur le bien-être d’une personne. La détresse permanente causée par ces pensées obsessionnelles et ces comportements compulsifs peut interférer avec le travail, l’école, les relations et les activités quotidiennes.

Les estimations suggèrent que jusqu’à 4 % de la population américaine répond aux critères diagnostiques du trouble dysmorphique corporel. Elle est plus fréquente chez les personnes âgées de 15 à 30 ans.

Symptômes

Les personnes atteintes de dysmorphie corporelle s’inquiètent excessivement des défauts mineurs ou inexistants de leur corps et/ou de leur visage.Pour « réparer » ces défauts, ils peuvent aller jusqu’à l’extrême, comme modifier radicalement leur apparence grâce à la chirurgie plastique. 

La recherche suggère que les personnes atteintes de BDD passent souvent trois à huit heures par jour à s’inquiéter de leurs imperfections physiques perçues. N’importe quelle partie du corps peut devenir la cible de ces soucis. Cependant, les personnes atteintes de dysmorphie corporelle sont plus susceptibles de s’inquiéter pour leur peau, leur nez ou leurs cheveux. 

Les symptômes courants de la dysmorphie corporelle comprennent :

  • Pensées obsessionnelles sur les défauts physiques perçus
  • Vérification excessive des miroirs ou évitement complet des miroirs
  • Comparer à plusieurs reprises son apparence à celle des autres
  • Chercher à être rassuré sur l’apparence des autres
  • Se livrer à un toilettage excessif ou à une cueillette de la peau
  • Éviter les situations sociales par peur du jugement
  • Rechercher des procédures ou des traitements cosmétiques pour corriger les défauts perçus
  • Passer de longues heures à se concentrer sur l’apparence ou l’image corporelle
  • Porter des vêtements, du maquillage ou des accessoires pour masquer les imperfections perçues
  • Sentiments d’anxiété, de gêne ou de honte à propos de l’apparence

Une personne atteinte de dysmorphie corporelle peut se sentir tellement absorbée par ses pensées sur son apparence qu’elle néglige d’autres domaines de sa vie. Ils peuvent même éviter l’école, les événements sociaux, les fréquentations ou le travail par peur d’être jugés pour leur apparence. Cela peut entraîner des déficiences importantes dans le fonctionnement quotidien, notamment des difficultés au travail, à l’école et dans les interactions sociales.

Lorsqu’elle n’est pas traitée, la BDD peut entraîner de graves conséquences négatives. Plus de la moitié des personnes atteintes de BDD ne sont pas mariées et plus de 20 % des personnes atteintes de dysmorphie corporelle sont au chômage. Environ 20 % des personnes atteintes de BDD sont tellement bouleversées par leur apparence qu’elles tentent de se suicider.

Exemples

La dysmorphie corporelle peut être différente d’une personne à l’autre, certaines personnes présentant des signes plus évidents que d’autres. Voici des exemples de comportements liés à la dysmorphie corporelle :

  • Concentration obsessionnelle sur un défaut perçu :Une personne peut devenir obsédée par une imperfection mineure, comme un petit grain de beauté ou une peau inégale, et croire que tout le monde le remarque.
  • Vérification miroir excessive :Une personne peut vérifier à plusieurs reprises son reflet dans des miroirs ou d’autres surfaces réfléchissantes pour inspecter ou « réparer » le défaut perçu.
  • Comparer l’apparence aux autres :Ils comparent constamment leur apparence à celle des autres et se sentent inférieurs ou imparfaits en comparaison, même si les différences sont insignifiantes.
  • Éviter les situations sociales :La peur d’être jugé sur son apparence peut conduire à éviter les réunions sociales, le travail ou l’école.
  • Recherche d’interventions esthétiques :Pour tenter de corriger les défauts perçus, une personne peut recourir fréquemment à une chirurgie esthétique ou à d’autres traitements qui pourraient ne pas améliorer son estime de soi.
  • Dissimuler les défauts :Les personnes atteintes de BDD peuvent porter un maquillage, des vêtements ou des accessoires épais pour cacher ou modifier leurs imperfections perçues.
  • Comportements de recherche de réconfort :Ils peuvent demander constamment aux autres si un défaut perçu est perceptible ou chercher constamment à se rassurer sur leur apparence.
  • Un toilettage excessif :Ils passent des heures à se toiletter ou à effectuer des actions comme cueillir la peau, s’arracher les cheveux ou d’autres rituels visant à « corriger » les problèmes d’apparence.
  • Dysmorphie musculaire :Croire que leur corps est trop petit ou pas assez musclé, cela conduit souvent à des exercices excessifs ou à un régime amaigrissant pour tenter d’obtenir une image corporelle idéale. Elle touche majoritairement les hommes.

La gravité du trouble dysmorphique corporel (BDD) peut varier, allant de légères inquiétudes concernant une seule caractéristique à des cas plus extrêmes qui ont un impact significatif sur la vie quotidienne.

Par exemple, une personne atteinte d’un BDD léger peut être obsédée par la taille de son nez, tandis qu’une personne atteinte d’un BDD plus sévère peut devenir tellement obsédée par l’apparence de sa peau qu’elle évite de quitter la maison et passe des heures à se maquiller ou à suivre des traitements cutanés.

Diagnostic

Si vous pensez souffrir de BDD, parlez-en à votre médecin. Ils peuvent vous orienter vers un spécialiste de la santé mentale qui pourra poser un diagnostic en utilisant les critères du DSM-5. Si vos inquiétudes concernant votre apparence se concentrent davantage sur votre poids ou votre taille, vous pourriez plutôt recevoir un diagnostic de trouble de l’alimentation.

Pour recevoir un diagnostic de dysmorphie corporelle, la préoccupation liée à votre apparence doit affecter négativement votre vie et/ou provoquer une détresse émotionnelle importante. Votre médecin peut également vous préciser si vous souffrez de dysmorphie musculaire, un type de dysmorphie corporelle qui implique la crainte de paraître « trop petit » ou pas assez musclé.

Au cours du processus de diagnostic, votre spécialiste de la santé mentale peut préciser si vous avez un bon, un passable ou un mauvais aperçu de vos symptômes de BDD.

Selon le DSM-5, certaines personnes atteintes de dysmorphie corporelle ont une « bonne » perspicacité, ce qui signifie qu’elles sont conscientes que leurs croyances sur leur corps ne sont pas vraies. Les personnes ayant une perspicacité « passable » ou « mauvaise » ne se rendent pas compte que leurs inquiétudes sont excessives ou non fondées sur la réalité.

Causes

La cause exacte de la dysmorphie corporelle est inconnue. Les chercheurs pensent que plusieurs facteurs peuvent contribuer au développement du BDD, notamment :

  • Génétique: Dans certains cas, BDD peut être hérité. Selon des études jumelles, les facteurs génétiques représentent environ 44 % de la variance des symptômes de la dysmorphie corporelle. 
  • Traumatisme: Les personnes ayant des antécédents de traumatisme ont un risque plus élevé de développer une dysmorphie corporelle. De nombreuses personnes atteintes de BDD déclarent avoir été victimes d’intimidation de la part de leurs camarades à l’école, et jusqu’à 79 % des personnes atteintes de dysmorphie corporelle ont été victimes de maltraitance pendant leur enfance.
  • Traits de personnalité: Les personnes présentant certains traits de personnalité, comme le perfectionnisme et la sensibilité à l’esthétique, sont plus susceptibles de développer une dysmorphie corporelle.
  • Conditions comorbides: De nombreuses personnes atteintes de BDD ont au moins un autre problème de santé mentale en même temps. Il est particulièrement fréquent qu’une personne atteinte de dysmorphie corporelle souffre d’un trouble obsessionnel-compulsif (TOC), d’un trouble d’anxiété sociale (TAS) ou d’un trouble de l’alimentation, tel que l’anorexie mentale (AN).

Peut-on guérir ?

Le trouble dysmorphique corporel (BDD) ne peut être guéri et ne disparaîtra pas de lui-même. Cependant, des traitements efficaces peuvent aider les gens à gérer leurs symptômes et à améliorer leur qualité de vie.

L’approche la plus efficace combine généralement la thérapie par la parole et les médicaments :

  • Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) :En tant que thérapie principale du BDD, la TCC implique de travailler avec un professionnel de la santé mentale pour identifier et remplacer les schémas de pensée négatifs par des schémas de pensée plus positifs et réalistes. La TCC aide également les individus à gérer leur anxiété et leur dépression et à réduire les comportements compulsifs liés au BDD.
  • Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) :Les ISRS, un type d’antidépresseur, se sont révélés efficaces pour 53 à 70 % des personnes atteintes de BDD.Ces médicaments, souvent utilisés en association avec la TCC, peuvent aider à gérer les symptômes, et de nombreuses personnes bénéficient d’une utilisation à long terme des ISRS.

Laisser le BDD non traité peut conduire à une dépression sévère et même à des pensées suicidaires. Il est essentiel de rechercher un traitement tôt pour éviter les effets les plus graves de la maladie.

Chaperon

Si vous souffrez de BDD, il est important de développer votre estime de soi et de demander du soutien aux autres. En plus de rechercher un traitement professionnel, voici quelques moyens de faire face aux symptômes de la dysmorphie corporelle :

  • Rejoindre un groupe de soutien par les pairs en ligne ou en personne pour les personnes atteintes de BDD
  • Passer du temps avec ses proches 
  • Pratiquer des techniques de pleine conscience, comme la méditation
  • Gérer le stress avec des techniques de relaxation, telles que des exercices de respiration profonde
  • Écrire vos pensées dans un journal
  • Utiliser des affirmations positives pour renforcer votre confiance
  • Participer à un nouveau passe-temps ou acquérir une nouvelle compétence

Aider quelqu’un avec BDD

Soutenir une personne atteinte d’un trouble dysmorphique corporel (BDD) peut être un défi, mais votre compréhension et vos encouragements peuvent faire la différence. Voici quelques façons d’aider :

  • Écoutez sans jugement :Offrez-leur un espace sûr pour qu’ils puissent parler de leurs sentiments. Évitez d’ignorer leurs préoccupations, même si les défauts qu’ils constatent ne sont pas visibles pour les autres.
  • Encouragez l’aide professionnelle :Suggérez-leur gentiment de parler à un professionnel de la santé mentale, car il a été démontré que la thérapie et les médicaments aident à gérer les symptômes du BDD.
  • Concentrez-vous sur les points forts non basés sur l’apparence :Félicitez leurs compétences, leurs talents ou leurs qualités positives sans rapport avec l’apparence pour aider à renforcer l’estime de soi.
  • Évitez de participer à des comportements de recherche de réconfort :Il peut être tentant de les rassurer sur leur apparence, mais essayez d’éviter de nourrir leur besoin de validation constante. Redirigez plutôt la conversation vers des activités ou des qualités sans rapport avec l’apparence.
  • Soyez patient et solidaire :La reprise peut prendre du temps et les revers sont normaux. Rappelez-leur qu’ils ne doivent pas affronter seuls le BDD et que vous êtes là pour les soutenir tout au long de leur parcours.
  • Renseignez-vous sur BDD :En savoir plus sur le trouble peut vous aider à comprendre ce qu’ils vivent et à leur fournir un soutien plus efficace.

N’oubliez pas de fixer des limites et de donner la priorité aux soins personnels pour que votre communication reste saine et efficace. Soutenir une personne atteinte de BDD peut être un défi, alors prendre soin de votre propre bien-être vous aide à offrir un soutien cohérent et positif sans vous laisser submerger.