Ce que pourrait signifier une conversation excessive et comment y faire face

Une conversation excessive (ou le fait de parler trop ou de parler de manière compulsive) peut être une opinion subjective ou un trait de personnalité, mais elle peut également être le symptôme d’un problème de développement mental ou neurologique.Des interventions peuvent être nécessaires si une parole excessive interfère avec les relations, la qualité de vie et le bien-être d’une personne.

Accédez aux points clés à retenir.

Comment savoir si vous parlez trop

Déterminer ce qui constitue un discours excessif est largement subjectif. Ce qu’une personne peut considérer comme « excessif », une autre peut le considérer comme « extraverti ». Cela dit, parler excessivement est généralement considéré comme un comportement hors de la norme sociale ou inapproprié à la situation.

Les signes d’une conversation excessive comprennent :

  • Parler aux autres
  • Monopoliser la conversation
  • Parler à des moments ou dans des lieux inappropriés
  • Partage excessif d’informations
  • Parler impulsivement
  • Craignant des lacunes dans la conversation
  • Parler plus qu’écouter
  • Modifier ou rediriger la conversation vers ce qui vous intéresse

Causes de la parole excessive

Du point de vue de la santé mentale, parler excessivement peut être « normal » ou « anormal ». Parler excessivement peut être normal en tant que trait de personnalité. Cela peut être anormal lorsque parler excessivement est le symptôme d’un problème mental ou neurodéveloppemental.

Traits de personnalité

Parler excessivement peut être un trait de personnalité. Les traits de personnalité sont des schémas caractéristiques de pensées, de sentiments et de comportements qui reflètent qui est une personne.

En psychologie, les traits sont globalement classés comme suit :

  • Ouverture (reflétant quelqu’un qui est créatif, imaginatif et perspicace)
  • Conscience (reflétant quelqu’un qui est responsable et diligent)
  • Extraversion (reflétant quelqu’un qui est grégaire et recherche l’interaction sociale)
  • Agréabilité (reflétant quelqu’un qui fait passer ses besoins avant les autres)
  • Névrosisme (reflétant une personne souffrant d’instabilité émotionnelle et d’émotions négatives)

La présence ou l’absence de ces traits décrit la personnalité de chacun.

Une personne plus communicative et bavarde est généralement considérée comme extravertie. Cependant, l’extraversion ne signifie pas nécessairement qu’ils parlent excessivement.

Une conversation excessive peut survenir si un extraverti présente un degré élevé de névrosisme, au cours duquel il peut agir sur des émotions négatives (comme l’anxiété et l’insécurité) en parlant davantage.

De même, un extraverti avec un faible degré d’agrément peut parler de manière excessive parce que son besoin de s’exprimer l’emporte sur le confort de l’autre personne.

Il ne faut pas confondre un trait de personnalité avec un trouble mental. Ce n’est que lorsque les comportements provoquent une détresse personnelle, diminuent l’image ou l’estime de soi d’une personne, ou affectent les relations et la capacité d’une personne à fonctionner, qu’ils peuvent être considérés comme une facette d’un trouble mental.

Conditions mentales ou neurodéveloppementales

Parler excessivement peut parfois être le symptôme d’une maladie mentale ou d’un trouble neurodéveloppemental (dans lequel la pensée, les comportements et les processus de pensée d’une personne sont atypiques et les caractérisent souvent comme neurodivergents).

Les exemples incluent :

  • Autisme : Les personnes atteintes de ce trouble neurodéveloppemental ont des capacités de communication très variables. Certains sont totalement non verbaux tandis que d’autres peuvent parler sans cesse de sujets sur lesquels ils se concentrent fortement.
  • Trouble bipolaire: Les personnes atteintes de ce trouble de l’humeur peuvent parler de manière excessive, avec un discours rapide et urgent lorsqu’elles sont dans un état maniaque.
  • Trouble d’anxiété sociale : ce trouble d’anxiété peut se manifester par des conversations excessives et irrégulières dans des situations sociales pour faire face à la nervosité et à l’anxiété.
  • Trouble obsessionnel-compulsif (TOC) : le TOC constitue une catégorie de troubles à part entière qui peut s’accompagner du fait de poser à plusieurs reprises les mêmes questions ou de répéter des mots à soi-même ou à autrui.
  • Schizophrénie : La schizophrénie est un trouble psychiatrique qui peut influencer la façon dont une personne parle, souvent avec un discours rapide et désorganisé lors d’épisodes psychotiques.
  • Trouble de la personnalité narcissique (NPD) : ce trouble de la personnalité peut se manifester par un intérêt personnel et un discours obsessionnels, une personne ayant souvent besoin de faire ses preuves et de se vanter de ses réalisations. Contrairement aux troubles de l’humeur ou à l’anxiété, une personne atteinte de NPD ignore souvent totalement qu’elle a un problème.
  • Trouble de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) : Ce trouble neurodéveloppemental se caractérise par une parole excessive et des interruptions fréquentes.

Types de paroles excessives

L’évaluation de la parole d’une personne fait partie d’un examen de l’état mental (MSE) utilisé pour évaluer l’état mental d’une personne. Lorsqu’il s’agit d’une parole excessive, le discours est généralement décrit de différentes manières :

  • Discours sous pression: Il s’agit d’un discours rapide et urgent là où d’autres ont du mal à insérer un mot. Ceci est généralement observé en cas d’anxiété sévère, de schizophrénie, d’abus d’alcool ou de substances, ou d’un épisode maniaque de trouble bipolaire.
  • Discours compulsif: C’est à ce moment-là que quelqu’un a l’impression qu’il ne peut pas s’arrêter de parler. Cela peut souvent se produire en cas d’anxiété sévère, de TOC et de TDAH.
  • Discours circonstanciel : Il s’agit d’un discours qui s’écarte du point principal d’une conversation, souvent observé dans la schizophrénie, la manie bipolaire et le TOC.
  • Discours hyperverbial: C’est parler à un rythme excessif avec une verbosité excessive. Ce type de discours peut indiquer une anxiété ou un épisode maniaque. On l’appellelogorrhéelorsque la verbosité excessive et la répétitivité provoquent une incohérence.
  • Discours désorganisé : Cela se produit lorsque les pensées ne se connectent pas, ce qui entraîne le passage du discours d’une pensée à une autre sans cohérence. Fréquent avec la schizophrénie et d’autres formes de psychose, un discours désorganisé peut impliquernéologismes(mots inventés) et écholalie (répéter ce que quelqu’un vient de vous dire).

Comment arrêter de parler excessivement

Les personnes qui parlent trop pourraient bénéficier de consulter un professionnel de la santé afin d’en explorer la cause et de trouver les meilleures options de traitement. Cependant, il existe certaines stratégies de gestion que vous pouvez essayer vous-même.

Compétences d’autogestion pour parler excessivement

Les recherches indiquent que jusqu’à 40 % du discours d’une personne concerne elle-même.Parler de soi peut activer les centres de récompense du cerveau. Ainsi, même si socialement il peut être nécessaire d’arrêter de parler de manière excessive, il peut être difficile d’aller à l’encontre du câblage du cerveau.

Voici quelques stratégies pour gérer les conversations excessives :

  • Écoute plus que tu ne parles: Prenez un moment de silence et attendez de parler pour améliorer vos capacités d’écoute. Essayez de prendre le temps de remarquer des détails qui pourraient normalement passer inaperçus pendant que l’autre personne parle.
  • Pensez au tennis: Les conversations ne devraient pas être une expérience à sens unique, mais plutôt un match de tennis ; la conversation, comme la balle de tennis, va et vient entre les gens.
  • Régler une minuterie mentale: Dans les premières secondes d’une conversation, vous avez toute l’attention de quelqu’un, mais plus vous avancez, surtout à mesure que vous approchez d’une minute, vous pouvez commencer à perdre son attention, ou pire encore, devenir agaçant.
  • Remarquez les signaux sociaux: Si vous avez tendance à trop parler, portez une attention particulière aux signaux sociaux pendant que vous parlez. Si les gens commencent à regarder autour d’eux, à s’agiter ou à vérifier leur montre ou leur téléphone, vous avez peut-être dépassé votre accueil verbal.

Options thérapeutiques 

Une conversation excessive peut créer un fardeau sur les interactions sociales. La thérapie peut être bénéfique en tant que traitement.

Les options thérapeutiques suivantes peuvent aider en cas de conversation excessive :

  • Thérapie cognitivo-comportementale (TCC) : Cette forme de thérapie par la parole s’est avérée efficace pour traiter de nombreuses causes de conversation excessive, notamment l’anxiété et le TDAH. Il se concentre sur l’identification des modèles de comportement problématiques afin que vous preniez des mesures pour modifier ces modèles.
  • Thérapie comportementale dialectique (TCD) : Il s’agit d’un type de TCC souvent utilisé pour aider les personnes atteintes d’un trouble de la personnalité narcissique. Il se concentre sur l’acquisition de compétences en matière de contrôle émotionnel et de régulation afin de mieux contrôler les comportements tels que la parole excessive.

Comment faire face aux bavards excessifs

Parler excessivement peut parfois sembler ennuyeux, mais il y a des choses que vous pouvez faire pour fixer des limites et/ou aider les personnes qui parlent excessivement à prendre note de leur comportement :

  • Fixer une limite de temps: Faites-leur savoir que vous n’êtes disponible pour parler que pendant une durée déterminée, par exemple 15 minutes. Rappelez-leur à mesure que le temps approche, qu’il ne reste que quelques minutes.
  • Changer la conversation: Si un bavard excessif monopolise la conversation, proposez un changement de conversation ou posez une question à quelqu’un d’autre dans le groupe.
  • Excusez-vous: N’ayez pas peur d’interrompre pour vous excuser d’une conversation. Essayez d’être poli et ferme, même s’ils s’y opposent.
  • Plan: Si vous vous dirigez vers une situation où vous avez besoin de vous connecter avec une personne qui parle excessivement, mettez en place une stratégie de sortie. Si vous êtes au téléphone avec eux, planifiez l’appel de manière à pouvoir faire autre chose en même temps.

Aider les enfants

Si votre enfant parle excessivement, vous pouvez lui enseigner des compétences d’autorégulation plutôt que de le réprimander pour son mauvais comportement. Ceci est particulièrement utile pour les enfants atteints de TDAH.

Il existe plusieurs façons de procéder :

  • Jeu de rôle: Entamez une conversation avec votre enfant en vous faisant passer pour un ami, un enseignant ou un étranger. Établissez des règles à l’avance, comme se relayer et ne pas interrompre, pour en faire un jeu où des points (ou des friandises) sont gagnés ou gagnés.
  • Jouer à la capture: Une autre façon d’enseigner le rythme de la conversation est de jouer au catch avec votre enfant, en lui permettant de parler lorsqu’il attrape une balle et d’écouter lorsque vous l’avez. Vous pouvez en ajouter d’autres au jeu, en lançant le ballon au hasard autour d’un groupe de trois, quatre ou cinq joueurs.
  • Enseigner l’écoute active: Commencez par interroger votre enfant sur sa journée et répétez ce qu’il vient de dire. Maintenant, parlez à votre enfant de votre journée et demandez-lui de faire de même.
  • Utilisez un langage enrichissant: Au lieu de gronder un enfant parce qu’il parle trop, rappelez-lui gentiment les règles et demandez-lui de vous les répéter. Plus important encore, remarquez quand un enfant fait preuve d’un bon comportement, félicitez-le et renforcez son comportement.

Points clés à retenir

  • On parle excessivement lorsqu’une personne parle de manière compulsive, inappropriée ou au-delà de ce qui est en dehors des normes sociales.
  • Ce qui est excessif peut être considéré comme subjectif ou simplement comme un trait de personnalité, mais il peut également être causé par une maladie mentale ou un trouble neurodéveloppemental ou de la personnalité. Il s’agit notamment de l’autisme, du trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité, du trouble d’anxiété sociale et de la schizophrénie.
  • Il y a des choses que vous pouvez faire pour éviter de trop parler, comme régler un minuteur mental, prêter attention aux signaux sociaux ou demander l’aide d’un professionnel de la santé mentale.