Qu’est-ce qu’un test de manométrie œsophagienne ?

À quoi s’attendre lors de ce test

Points clés à retenir

  • Un test de manométrie œsophagienne est utilisé pour diagnostiquer les problèmes de mouvement et de fonction de l’œsophage.
  • Le test consiste à insérer un tube sensible à la pression par le nez dans l’œsophage.
  • Il est recommandé lorsque les reflux chroniques ou les problèmes de déglutition ne peuvent pas être expliqués par d’autres conditions.

La manométrie œsophagienne, également connue sous le nom d’étude de la motilité œsophagienne, est un test utilisé pour diagnostiquer les problèmes liés au mouvement et au fonctionnement de votre œsophage (le tube qui va de votre gorge à votre estomac).

La procédure implique l’insertion d’un tube sensible à la pression dans votre nez qui est ensuite introduit dans votre gorge, votre œsophage et votre estomac.La manométrie œsophagienne est utilisée lorsque vous avez un reflux chronique ou des problèmes de déglutition qui ne peuvent être expliqués.

Swip Santé / Emily Roberts


Objectif du test

La manométrie œsophagienne peut aider à déterminer si votre problème est associé à l’œsophage lui-même et, si oui, dans quelle partie et dans quelle mesure.

Plus précisément, il est utilisé pour détecter un dysfonctionnement moteur de l’œsophage.Il s’agit de problèmes liés au péristaltisme (la contraction rythmique involontaire qui aide à propulser les aliments vers l’estomac) ou aux valvules, appelées sphincters, qui s’ouvrent et se ferment chaque fois que vous mangez ou buvez.

L’œsophage contient deux de ces sphincters :

  • Sphincter inférieur de l’œsophage (LES), situé à l’entrée de l’estomac, qui empêche les aliments et les acides de refouler (reflux) dans l’œsophage
  • Sphincter supérieur de l’œsophage (UES), situé sous la gorge (pharynx), qui empêche l’air de pénétrer dans l’estomac ou son contenu de pénétrer dans les poumons.

Indications

La manométrie œsophagienne peut être recommandée si vous souffrez de dysphagie (difficulté à avaler), d’odynophagie (déglutition douloureuse) ou de symptômes de reflux qui résistent au traitement (y compris des brûlures d’estomac et des douleurs thoraciques).

Cependant, la manométrie œsophagienne n’est généralement pas le premier test utilisé pour diagnostiquer ces affections. Elle serait plutôt réalisée après que les radiographies et d’autres tests, tels que l’endoscopie, aient exclu des causes plus probables, notamment une obstruction œsophagienne, une sténose œsophagienne, une hernie hiatale, une œsophagite par reflux de grade C ou D ou une maladie cardiaque.

La manométrie œsophagienne peut être utilisée pour aider à diagnostiquer : 

  • Achalasie, dysfonctionnement du SIO dans lequel la nourriture est incapable de passer dans l’estomac
  • L’œsophagite à éosinophiles, une cause allergique de dysphagie
  • Motilité œsophagienne inefficace
  • Œsophage de marteau-piqueur (péristaltisme hypercontractile), caractérisé par des spasmes œsophagiens dans une séquence anormale
  • Œsophage casse-noisette (péristaltisme hypertensif), caractérisé par des contractions œsophagiennes rapides dans une séquence normale
  • La sclérodermie, une maladie rare qui provoque un resserrement chronique des tissus, y compris de la gorge

Le test n’est pas utilisé pour diagnostiquer le reflux gastro-œsophagien (RGO) mais plutôt pour caractériser la nature de la maladie.Il peut être recommandé si vous ne répondez pas au traitement du RGO ou si une chirurgie anti-reflux est envisagée.

Limites

Même si la manométrie est utile pour identifier les problèmes de motilité, elle a ses limites. Étant donné que les spasmes et les problèmes de déglutition sont souvent passagers, rien ne garantit qu’ils surviendront pendant le test. Cela peut conduire à des résultats non concluants ou ambigus.

Pour cette raison, de nombreuses personnes souffrant de dysfonctionnement œsophagien auront des paramètres de motilité normaux après le test.En revanche, des résultats anormaux peuvent parfois n’avoir aucun rapport avec les symptômes que vous ressentez. C’est pour cette raison que la consultation d’experts est nécessaire si les résultats ne sont pas concluants.

Tests alternatifs

Bien qu’une manométrie œsophagienne conventionnelle soit la meilleure méthode pour évaluer le dysfonctionnement de la motilité, il existe d’autres tests qui peuvent être plus appropriés pour d’autres conditions.Parmi eux :

  • Des études d’hirondelle barytée peuvent être utilisées pour évaluer la fonction du sphincter œsophagien en enregistrant le mouvement du liquide avec une caméra vidéo à rayons X en direct.
  • Manométrie haute résolution, qui est plus coûteux, fonctionne de manière similaire à une manométrie conventionnelle mais utilise davantage de capteurs pour créer une carte tridimensionnelle permettant d’identifier les problèmes de sphincter asymétrique.
  • EndoFLIP: Un ballon extensible est utilisé pendant que la personne dort pour mesurer le péristaltisme secondaire.

Risques et complications

Bien que l’idée même de la manométrie œsophagienne puisse sembler rebutante, il s’agit d’une procédure relativement sûre et généralement loin d’être aussi inconfortable qu’on pourrait le penser.

Parfois, lors de l’insertion, le tube peut pénétrer dans le larynx (boîte vocale) et provoquer un étouffement.

Complicationssont rares mais peuvent inclure :

  • Arythmie (battements cardiaques irréguliers)
  • Aspiration (l’inhalation du contenu de l’estomac)
  • Perforation œsophagienne
  • Épistaxis

Beaucoup d’entre eux peuvent être évités en suivant les instructions préalables au test fournies par votre professionnel de la santé. Les tests sont contre-indiqués en cas d’obstruction du pharynx ou de la partie supérieure de l’œsophage, y compris des tumeurs bénignes ou malignes.

Avant l’épreuve

Une manométrie œsophagienne nécessite une certaine préparation de votre part. Bien que l’intubation (avoir un tube inséré dans la gorge) puisse sembler gênante, tous les efforts seront mis en œuvre pour garantir que vous soyez aussi confortable et détendu que possible.

Timing

Le test lui-même prend environ 15 à 30 minutes. Sauf retard, vous devriez entrer et sortir du bureau dans un délai de 60 à 90 minutes. La manométrie œsophagienne est souvent effectuée le matin pour s’assurer que votre estomac est vide. Il est préférable d’arriver une demi-heure à l’avance pour vous connecter et vous installer.

Emplacement

La manométrie œsophagienne est une mesure en cabinet généralement réalisée par une infirmière ou un technicien spécialement formé et interprétée par un gastro-entérologue. Le test est effectué avec une unité de manométrie composée d’un module informatisé, d’un écran d’affichage numérique et d’un cathéter nasal flexible de 2,75 à 4,2 millimètres. Le cathéter lui-même est équipé de huit capteurs capables de détecter des changements subtils dans la pression œsophagienne.

Que porter

Il est préférable de porter une tenue ample. Il ne vous sera pas demandé de vous déshabiller mais une blouse d’hôpital vous sera fournie pour protéger vos vêtements de l’eau et des gels utilisés pour le test.

Nourriture et boisson

Pour éviter l’aspiration, il vous sera demandé d’arrêter de manger ou de boire quoi que ce soit, y compris de l’eau, quatre à six heures avant le test. Si cette instruction n’est pas respectée, le professionnel de la santé devra peut-être annuler et reporter votre rendez-vous.

Médicaments

Un certain nombre de médicaments peuvent affecter la motilité de votre œsophage. Certains doivent être arrêtés pour s’assurer qu’ils n’interfèrent pas avec les tests. 

À cette fin, informez toujours votre médecin de tout médicament que vous prenez, qu’il soit pharmaceutique, en vente libre, traditionnel, homéopathique ou récréatif. Le professionnel de la santé sera en mesure de vous dire lesquels, le cas échéant, doivent être arrêtés et pour combien de temps.

Parmi certaines classes de médicaments qui peuvent poser problème :

  • Anticholinergiques, tels que Spiriva (tiotropium), Atrovent (bromure d’ipratropium) et oxybutynine
  • Bloqueurs des canaux calciques, tels que Norvasc (amlodipine) et Cardizem (diltiazem)
  • Nitrates, tels que la nitroglycérine, le Viagra (sildénafil) et le Cialis (tadalafil)
  • Agents de promotion, tels que Reglan (métoclopramide)
  • Sédatifs, tels que le midazolam et l’Ativan (lorazépam)

Coût et assurance maladie

Le coût d’un test de manométrie œsophagienne conventionnel peut aller d’environ 500 $ à 1 000 $, selon le prestataire et l’emplacement. Ces frais peuvent être pris en charge en partie ou en totalité par votre assurance maladie.

Le test nécessite une préautorisation d’assurance, que votre gastro-entérologue peut soumettre en votre nom. Si votre demande est approuvée, il est important de savoir quels seront votre quote-part et vos dépenses personnelles. Si vous ne pouvez pas payer ces frais, assurés ou non, parlez à l’administrateur de gastro-entérologie d’un plan de remboursement mensuel.

Si la couverture vous est refusée, demandez à votre assureur une raison écrite du refus. Vous pouvez ensuite apporter la lettre à votre bureau national de protection des consommateurs d’assurance et demander de l’aide. Votre gastro-entérologue devra également intervenir et apporter une motivation supplémentaire si nécessaire.

Autres considérations

Les sédatifs ne sont pas utilisés pour un test de manométrie œsophagienne. Par conséquent, vous pouvez généralement vous rendre au cabinet du prestataire de soins en voiture sans souci. 

Pendant l’épreuve

Le jour de votre test, après vous être connecté et avoir confirmé vos informations d’assurance, il vous sera peut-être demandé de signer un formulaire de responsabilité attestant que vous comprenez le but et les risques du test. Vous seriez ensuite conduit dans une salle d’examen.  

Pré-test

Le test de manométrie œsophagienne est généralement effectué par une infirmière spécialisée en motilité gastro-intestinale (GI). Un médecin ou une infirmière autorisée en gastroentérologie (certifiée par la Society of Gastroenterology Nurses and Associates ou d’autres organismes de certification) est qualifié pour superviser la procédure. Une infirmière auxiliaire peut apporter son soutien.

À votre entrée, vous recevrez une blouse d’hôpital et vous serez invité à vous asseoir sur une table d’examen. Vous devrez retirer vos lunettes et tout ce qui pourrait être délogé dans votre bouche, comme un piercing à la langue.

Les sédatifs ne sont pas utilisés car ils peuvent trop détendre l’œsophage et interférer avec les résultats des tests. Un agent anesthésiant topique peut être utilisé pour aider à soulager l’inconfort.

Vous aurez probablement le choix de la narine à utiliser pour le test. (La voie nasale est préférable car elle est moins susceptible de provoquer des nausées que la gorge.)

Une infirmière en motilité gastro-intestinale est hautement qualifiée pour cette procédure. Essayez de vous détendre en ralentissant votre respiration, en relâchant vos épaules et en desserrant vos poings. Si vous ressentez un inconfort, informez-en l’infirmière sans paniquer.

Tout au long de l’épreuve

Un test de manométrie œsophagienne peut varier selon le type d’équipement utilisé mais suit plus ou moins les mêmes étapes de base :

  1. Avant d’insérer le cathéter, la pointe est lubrifiée avec un anesthésique topique. Votre narine peut également être lubrifiée.
  2. Au fur et à mesure que le cathéter est inséré, il atteint un point de résistance en formant un angle aigu dans la gorge. Il vous sera peut-être demandé d’incliner la tête vers le bas pour faciliter l’insertion du cathéter.
  3. Pour déplacer le cathéter au-delà de votre UES, il vous sera demandé de siroter de l’eau avec une paille. Cela ouvre le sphincter, permettant au cathéter d’entrer avec une résistance minimale. 
  4. Une fois que le cathéter a dépassé l’UES, il est rapidement introduit dans l’œsophage et l’estomac. Le cathéter est ensuite mis en place avec du ruban adhésif et il vous est demandé de vous allonger sur le côté.
  5. Le prestataire de soins commence alors à calibrer les capteurs du cathéter. À ce stade, vous devez vous abstenir d’avaler pour vous assurer que l’étalonnage est correctement réglé.
  6. Les tests commencent lorsque les deux derniers capteurs sont correctement positionnés dans l’estomac. Le capteur est réglé à zéro pour servir de référence de comparaison.
  7. Lorsque le cathéter est retiré vers le LES, il vous est demandé de prendre plusieurs gorgées d’eau. Cela permet au médecin de mesurer les changements de pression du sphincter d’un état fermé (avant d’avaler) à un état ouvert (après avoir avalé).
  8. Vous prendrez des gorgées d’eau supplémentaires pour mesurer les changements de pression œsophagienne au fur et à mesure que vous avalez. Si le péristaltisme est normal, votre médecin constatera des changements rythmiques de pression descendante.
  9. Enfin, pour tester l’UES, il vous sera demandé de vous asseoir. Le cathéter est progressivement retiré pour comparer la pression au niveau de l’UES avec celle de l’œsophage et de la gorge.
  10. Le cathéter est ensuite retiré délicatement.

Post-test

Une fois terminé, vous recevrez un mouchoir pour vous moucher, mais sinon vous serez suffisamment bien pour rentrer chez vous. Vous pouvez reprendre votre alimentation normale et tous les médicaments que vous prenez régulièrement. 

Après l’épreuve

Les effets secondaires de la manométrie œsophagienne ont tendance à être mineurs et peuvent inclure un léger mal de gorge, de la toux, des saignements de nez mineurs et une irritation des sinus.

Si vous avez mal à la gorge après un test de manométrie œsophagienne, vous pouvez soit vous gargariser avec de l’eau salée, soit utiliser une pastille pour la gorge à la benzocaïne comme Cepacol. L’irritation disparaîtra généralement en un jour ou deux.

Il n’est pas rare non plus d’avoir des sinus bloqués et des saignements de nez mineurs. Vous pouvez souvent aider à dégager les sinus avec un spray nasal corticostéroïde en vente libre ou un spray nasal salin stérile. Les antihistaminiques n’aident généralement pas car le gonflement est davantage dû à une inflammation qu’à une allergie.

Les saignements de nez peuvent être traités en pinçant la partie molle de votre nez au-dessus de la narine et en respirant par la bouche.

Bien que les effets secondaires graves soient rares, vous devez appeler votre médecin immédiatement si vous ressentez des symptômes inhabituels, notamment de la fièvre, un reflux sévère, des vomissements, une arythmie, un essoufflement ou des crachats sanglants.

Interprétation des résultats

Quelques jours après le test, votre professionnel de la santé examinera les résultats avec vous. Bien que les tests puissent fournir des informations précieuses sur le fonctionnement de votre œsophage et de vos sphincters, un jugement clinique peut être nécessaire pour interpréter les résultats. 

Parfois, les réponses ne sont pas aussi claires. La manométrie œsophagienne est un test techniquement difficile et sujet à des variables qui peuvent influencer les résultats. Même si les tests peuvent fournir des preuves irréfutables d’un problème de motilité (comme la dysphagie), d’autres affections (comme l’achalasie) peuvent être beaucoup plus difficiles à cerner.  L’expérience et l’expertise cliniques sont donc essentielles à l’obtention d’un diagnostic précis.

Si vous n’êtes pas entièrement convaincu de ce qui vous est dit, n’hésitez pas à demander un deuxième avis. Parfois, un regard neuf peut ajouter de nouvelles informations et vous rapprocher encore plus d’un traitement efficace.

Foire aux questions

  • Le test de manométrie œsophagienne diagnostique-t-il le RGO ?

    Le test de manométrie œsophagienne n’est généralement pas nécessaire pour diagnostiquer le reflux gastro-œsophagien (RGO). Cependant, si l’état ne s’améliore pas avec le traitement, la manométrie peut identifier tout problème au niveau de l’œsophage qui pourrait contribuer au RGO.

  • Qu’est-ce qu’une obstruction œsophagienne ?

    Une obstruction œsophagienne se produit lorsqu’un aliment, un corps étranger ou un diverticule œsophagien provoque un blocage partiel ou complet de l’œsophage. Un diverticule œsophagien est une petite poche qui peut se développer dans les zones faibles de la muqueuse œsophagienne.

  • Quelles sont les causes des spasmes œsophagiens ?

    La cause exacte des spasmes œsophagiens est inconnue. Certains chercheurs pensent que cela est dû à des nerfs défectueux qui contrôlent les muscles de l’œsophage. Les spasmes peuvent également être causés par une trop grande quantité d’acide dans l’œsophage due à des brûlures d’estomac.