Qu’est-ce que l’hyperplasie lobulaire atypique ?

Points clés à retenir

  • L’hyperplasie lobulaire atypique (ALH) est une affection précancéreuse qui affecte les glandes productrices de lait du sein.
  • Un traitement n’est pas toujours nécessaire, mais certaines personnes présentant un risque élevé de cancer du sein peuvent se faire enlever les lésions par mesure de sécurité.
  • Le dépistage systématique est essentiel pour les personnes atteintes d’ALH afin de surveiller les changements potentiels ou la progression vers le cancer du sein.

Hyperplasie lobulaire atypique(ALH) est la croissance anormale de cellules dans les glandes productrices de lait du sein (appelées lobules). L’ALH affecte spécifiquement les cellules épithéliales tapissant les parois des lobules.

L’ALH est une maladie précancéreuse qui pourrait conduire au stade le plus précoce du cancer du sein, connu sous le nom de carcinome canalaire in situ (CCIS). Étant donné que le risque de cancer est accru si vous souffrez d’ALH, vous devrez subir un dépistage systématique du cancer du sein. Il peut être conseillé aux personnes présentant un risque élevé de cancer du sein de subir une intervention chirurgicale.

Cet article explique les symptômes et les causes de l’hyperplasie lobulaire atypique, y compris la manière dont elle est diagnostiquée et traitée. Il décrit également les risques de cancer du sein en cas de diagnostic d’ALH.

Également connu sous le nom

  • Hyperplasie lobulaire avec atypies
  • Hyperplasie lobulaire atypique mammaire
  • Hyperplasie épithéliale atypique
  • Maladie proliférative du sein

Symptômes de l’hyperplasie lobulaire atypique

L’hyperplasie lobulaire atypique ne provoque généralement aucun symptôme, bien qu’elle puisse provoquer des douleurs mammaires non spécifiques chez certaines personnes. La plupart des gens ignorent qu’ils souffrent d’ALH jusqu’à ce qu’ils obtiennent les résultats d’une mammographie de routine.

En effet, l’ALH ne provoque généralement pas de grosseur. Si tel est le cas, il est généralement très petit et il est peu probable qu’il soit remarqué lors d’un auto-examen des seins.

Causes et facteurs de risque de l’ALH

La cause exacte de l’hyperplasie lobulaire atypique est inconnue. Les scientifiques pensent que c’est le résultat d’une exposition à vie à l’œstrogène, une hormone sexuelle féminine. Elle touche généralement les femmes dans la quarantaine et peut également toucher les hommes, quoique très rarement.

Les facteurs de risque d’ALH comprennent :

  • Commencer les règles au début de l’adolescence
  • Traverser la ménopause à un âge avancé
  • Utiliser un traitement de substitution aux œstrogènes après la ménopause
  • Avoir des antécédents familiaux de cancer du sein ou de cancer des ovaires

L’ALH s’apparente à l’hyperplasie canalaire atypique (ADH) qui provoque également la prolifération de cellules anormales dans les conduits partant des lobules.

Quelle est la gravité de l’ALH et du risque de cancer du sein ?

L’hyperplasie lobulaire atypique est une lésion précancéreuse à haut risque qui peut évoluer en carcinome canalaire in situ (CCIS).

Le CCIS est une affection qui affecte les cellules épithéliales qui tapissent les parois d’un lobule mammaire. Les carcinomes sont des cancers qui affectent spécifiquement les cellules épithéliales.

Au fil du temps, le CCIS peut se transformer en carcinome canalaire invasif (CID), le type de cancer du sein le plus courant. Selon le grade de la tumeur, l’évolution du CCIS vers l’IDC peut prendre de trois à neuf ans.

La recherche suggère que le risque de développer un cancer du sein peut atteindre 20 % si vous avez reçu un diagnostic d’ALH.C’est nettement plus élevé que le risque global de cancer du sein chez les femmes aux États-Unis, qui est d’environ 13 %.

Comment l’hyperplasie lobulaire atypique est diagnostiquée

Une imagerie et une biopsie tissulaire sont nécessaires pour confirmer un diagnostic d’hyperplasie lobulaire atypique.

  • Mammographie : sur une mammographie, l’ALH peut apparaître sous la forme d’un amas de taches blanches dues à une microcalcification (minuscules dépôts de calcium dans les tissus)
  • Échographie mammaire : cet outil d’imagerie non invasif peut détecter des lésions ou des bosses consolidées plus importantes.
  • Biopsie mammaire : C’est la méthode définitive de diagnostic de l’ALH. Au microscope, les cellules épithéliales sembleront anormales et seront étroitement emballées et disposées au hasard.

L’ALH est retrouvée dans 5 à 20 % des biopsies mammaires.

Comment traite-t-on l’hyperplasie lobulaire atypique ?

De nombreux cas d’ALH ne nécessitent pas de traitement et seront plutôt surveillés régulièrement pour vérifier tout changement dans les tissus mammaires. C’est ce qu’on appelle la surveillance active.

Il peut être conseillé à certaines personnes de subir une intervention chirurgicale, soit sous la forme d’une large excision locale (utilisée pour retirer tous les tissus affectés ainsi qu’une petite marge de tissus non affectés), soit d’une tumorectomie (si une grosseur est présente).

Les candidates à la chirurgie comprennent celles présentant un risque élevé de cancer du sein qui :

  • avez des antécédents familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire
  • Tests positifs pour une mutation du gène BRCA
  • A de multiples lésions

Il est difficile de prédire quels cas d’ALH resteront bénins et lesquels pourraient devenir cancéreux. La surveillance est donc essentielle. Cela peut inclure des mammographies de dépistage supplémentaires et/ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) du sein pour identifier tout changement le plus tôt possible.

Des stratégies de réduction du risque de cancer du sein sont également conseillées, notamment :

  • Garder un poids santé
  • Arrêter de fumer
  • Rester physiquement actif
  • Éviter l’alcool
  • Adopter un régime faible en gras

Vous devriez également demander à votre médecin si la contraception hormonale ou la thérapie de remplacement des œstrogènes vous conviennent, car elles peuvent augmenter le risque de certains cancers.

Pour certains, des médicaments comme le tamoxifène et le raloxifène peuvent réduire le risque de cancer du sein jusqu’à 70 %.