Qu’est-ce que la thérapie par aversion et est-elle efficace ?

Points clés à retenir

  • La thérapie par aversion tente d’aider les gens à mettre fin aux comportements indésirables en les liant à quelque chose de désagréable.
  • Les techniques utilisées dans la thérapie par aversion incluent l’utilisation de médicaments, de produits chimiques ou de petits chocs électriques pour créer un inconfort.
  • La thérapie par aversion peut être controversée en raison de préoccupations éthiques et d’une détresse psychologique potentielle.

La thérapie par aversion est un traitement comportemental qui décourage les comportements indésirables en les associant à des stimuli désagréables. Utilisé pour des conditions telles que la dépendance, les TOC et le tabagisme, il peut impliquer des stimuli physiques tels que des chocs légers ou des médicaments provoquant des nausées, ou des techniques psychologiques telles que l’imagerie guidée.

Bien que son objectif soit de briser les schémas néfastes plutôt que de causer du tort, il reste controversé en raison de préoccupations éthiques et d’une potentielle détresse psychologique. Les résultats de la thérapie par aversion peuvent être incohérents, c’est pourquoi elle est souvent combinée avec d’autres formes de thérapie pour un succès à long terme.

Qu’est-ce que la thérapie par aversion ?

La thérapie par aversion, également connue sous le nom de conditionnement aversif ou contre-conditionnement, est un traitement comportemental conçu pour aider les gens à mettre fin aux comportements indésirables en les liant à des sentiments négatifs. Il est le plus souvent utilisé pour traiter les dépendances, comme l’abus d’alcool, le tabagisme et les excès alimentaires compulsifs.

La thérapie fonctionne en associant une mauvaise habitude à quelque chose de désagréable, comme une douleur, un inconfort ou un mauvais goût. Au fil du temps, cela crée une association dans le cerveau, aidant les gens à se sentir moins susceptibles de répéter le comportement, car ils le relient désormais à une expérience désagréable.

Comment ça marche

La thérapie par aversion est généralement menée sous la supervision d’un thérapeute agréé dans un environnement contrôlé, comme une clinique ou un établissement de traitement. Selon le type de thérapie et les besoins spécifiques de la personne, le thérapeute peut exposer la personne à des stimuli qui les déclenchent en premier.

Lorsqu’un comportement indésirable se produit, ils administrent ensuite un stimulus aversif (comme un goût désagréable, un choc électrique ou une suggestion verbale) pour aider la personne à associer ce comportement à un inconfort. Cette méthode est utilisée avec une surveillance attentive, en particulier pour les formes plus intenses comme la thérapie par aversion électrique.

Techniques

Différentes techniques de thérapie par aversion comprennent :

  • Thérapie basée sur la médecine :Cette technique est couramment utilisée pour les personnes souffrant de troubles liés à l’usage de substances. Il s’agit de prendre des médicaments qui, soit provoquent des réactions désagréables lorsque la substance est utilisée, soit réduisent les envies de fumer en bloquant ses effets gratifiants.
  • Thérapie chimique :Certains produits chimiques sont utilisés pour provoquer des symptômes désagréables, comme des nausées, lorsqu’une personne adopte un comportement indésirable. Les personnes qui suivent ce type de thérapie peuvent devoir être surveillées par un professionnel de la santé.
  • Thérapie par aversion électrique (EAT) :Cette méthode utilise de petits chocs électriques pour créer une gêne, généralement au niveau du bras, de la jambe ou même de zones plus sensibles comme les organes génitaux. C’est l’une des techniques les plus controversées, car elle peut brouiller la frontière entre guérison et préjudice.
  • Thérapie verbale et visuelle :Dans cette technique, le thérapeute donne des suggestions négatives pendant que la personne imagine ou pense adopter un comportement indésirable. Cela les aide à former une association négative avec le comportement.
  • Thérapie sensorielle :Cette méthode consiste à utiliser des sensations désagréables, telles que de mauvais goûts, odeurs ou touchers, pour amener la personne à associer ces sentiments au comportement indésirable.

Chaque type de thérapie fonctionne différemment et le thérapeute choisira la meilleure en fonction de la personne et de ce qu’elle essaie de changer.

Exemples concrets

Voici des exemples de la façon dont la thérapie par aversion peut fonctionner dans des situations réelles :

Thérapie basée sur la médecine :Une personne souffrant de troubles liés à la consommation d’alcool peut se voir prescrire du disulfirame, qui provoque des symptômes désagréables tels que des nausées et des vomissements lors de la consommation d’alcool. Cela aide à décourager la consommation d’alcool. Le disulfirame est approuvé par la FDA pour cette utilisation.

Thérapie chimique :Les personnes qui se rongent les ongles peuvent utiliser un vernis à ongles spécial au goût très amer pour aider à mettre fin à cette habitude. Pour ceux qui tentent d’arrêter de chiquer du tabac, un produit chimique appelé apomorphine est souvent utilisé. Associé au tabac, il provoque des nausées et des vomissements.

Thérapie par aversion électrique :Dans des cas très controversés, EAT peut être utilisé pour traiter les comportements sexuels non désirés en administrant des chocs électriques aux organes génitaux lorsqu’une personne éprouve une excitation inappropriée, par exemple lorsqu’elle voit certains stimuli sexuels. Un autre exemple consiste à administrer des chocs au pied lorsque quelqu’un essaie de fumer.

Thérapie verbale et visuelle :Un thérapeute peut demander à une personne de visualiser une cigarette ou un repas excessif tout en lui faisant des suggestions négatives, comme un avertissement sur les risques de cancer ou de problèmes de santé. Cela aide la personne à associer son comportement à des conséquences désagréables.

Thérapie sensorielle :En thérapie sensorielle, une personne associe une sensation inconfortable à un comportement indésirable. Par exemple, une personne souffrant de TOC peut appliquer quelque chose de collant sur ses mains lorsqu’elle essaie de les laver excessivement. De même, une personne atteinte de trichotillomanie, trouble de l’arrachage des cheveux, peut être aspergée d’eau froide lorsqu’elle essaie de s’arracher les cheveux.

Certains traitements, comme la thérapie chimique contre les rongements d’ongles, peuvent être effectués à domicile, mais ils s’accompagnent généralement des conseils d’un professionnel. Les traitements plus intenses, comme la thérapie chimique ou la thérapie par aversion électrique, ont toujours lieu dans un environnement contrôlé pour garantir que le traitement fonctionne et que la personne reste en sécurité.

Avantages

La thérapie par aversion peut être un moyen efficace de briser les mauvaises habitudes et de mettre fin aux comportements addictifs en créant des associations négatives. On pense que :

  • Rendre les mauvaises habitudes peu attrayantes :La thérapie par aversion associe une mauvaise habitude à quelque chose de désagréable. Au fil du temps, cela aide les gens à cesser d’avoir envie de ce comportement.
  • Diminuer le plaisir :La dépendance fait que les gens se sentent bien lorsqu’ils adoptent ce comportement. La thérapie par aversion affaiblit cette « récompense » en rendant le comportement désagréable, contribuant ainsi à réduire les fringales.
  • Changez vos pensées et vos actions :Lorsque les gens subissent les conséquences négatives de leurs actes, ils commencent à repenser leurs choix. La thérapie par aversion aide les gens à éviter les comportements addictifs en leur faisant prendre conscience à quel point ces choix sont mauvais.
  • Prévenir les rechutes :En associant les comportements addictifs à l’inconfort, la thérapie par aversion aide les gens à éviter de retomber dans leurs vieilles habitudes, même dans des situations difficiles.
  • Déclencheurs cibles :La thérapie par aversion peut être personnalisée pour se concentrer sur les éléments spécifiques qui déclenchent les envies d’une personne (comme la vue ou l’odeur de l’alcool), ce qui permet de résister plus facilement à la tentation.

Grâce à ces méthodes, la thérapie par aversion vise à aider les gens à développer des habitudes durables en transformant leurs déclencheurs et leurs envies en choses qu’ils souhaitent éviter.

À qui s’adresse la thérapie par aversion ?

La thérapie par aversion est généralement utilisée pour les personnes ayant des comportements addictifs ou des habitudes nocives, telles que l’abus d’alcool ou de drogues, la suralimentation ou le tabagisme.

Il est également parfois utilisé pour traiter les comportements d’automutilation et d’agressivité répétitifs, en particulier chez les personnes ayant une déficience intellectuelle.

Certaines utilisations spécifiques de la thérapie par aversion comprennent :

  • Abus d’alcool
  • Fumer (y compris le vapotage ou les cigarettes électroniques)
  • Abus de substances
  • Jeu d’argent
  • Problèmes de comportement d’agressivité et de colère
  • Infractions sexuelles et comportements inappropriés
  • Trop manger
  • Automutilation répétitive
  • Se ronger les ongles

Bien que la thérapie par aversion puisse être efficace pour traiter une variété de comportements nuisibles, ses implications éthiques suscitent de nombreuses inquiétudes.

Efficacité

L’efficacité de la thérapie par aversion varie. Il a montré son succès dans la réduction de la consommation d’alcool et du rongement des ongles, mais son succès à long terme pour des comportements tels que l’abandon du tabac est limité.

Dans certains cas, l’aversion s’estompe avec le temps et les gens retombent dans leurs vieilles habitudes. Les critiques soutiennent que cela ne s’attaque pas à la cause profonde du comportement, mais uniquement aux symptômes.

Une étude a révélé qu’après seulement quatre traitements, les participants éprouvaient une forte aversion pour l’alcool et que 69 % d’entre eux restaient abstinents après 12 mois.

Cependant, pour le sevrage tabagique, la thérapie par aversion a été largement abandonnée. Même si certains succès à court terme ont été rapportés, l’aversion créée s’estompe souvent à mesure que les gens surmontent cognitivement l’association.

Dans l’ensemble, la thérapie par aversion a montré une efficacité limitée dans le traitement de nombreux comportements liés au mode de vie.

Critique et controverse

Si la thérapie par aversion peut être efficace pour certains comportements, elle reste très controversée en raison de son utilisation de la douleur ou de la peur comme traitement. Les critiques soutiennent que cela peut franchir les limites éthiques, causant potentiellement des dommages psychologiques durables sans s’attaquer au problème sous-jacent.

Certaines des principales préoccupations comprennent :

  • Dommage psychologique :La thérapie par aversion peut entraîner de la détresse, de l’anxiété et même un trouble de stress post-traumatique. Dans certains cas, les individus peuvent revenir à un comportement indésirable comme mécanisme d’adaptation.
  • Utilisation en thérapie de conversion :Avant qu’elle ne soit jugée contraire à l’éthique, la thérapie par aversion était utilisée pour tenter de « guérir » l’homosexualité. Cette pratique a causé de graves traumatismes et des dommages durables aux personnes LGBTQIA+.
  • Utilisation abusive historique :Certaines personnes ont été contraintes de suivre des programmes de thérapie par aversion, surtout avant 1973, lorsque l’homosexualité a été classée à tort comme une maladie mentale. Même ceux qui ont cherché volontairement un traitement l’ont souvent fait en raison de la pression sociétale et de la stigmatisation.
  • Préoccupations éthiques :De nombreux experts affirment que recourir à la douleur ou à la peur pour modifier un comportement s’apparente davantage à une punition qu’à un traitement, ce qui soulève de graves questions morales et éthiques.
  • Manque de succès à long terme :La thérapie par aversion ne s’attaque pas toujours à la cause profonde des comportements, ce qui entraîne un risque élevé de rechute une fois le stimulus aversif supprimé.

En raison de ces préoccupations, l’American Psychological Association s’oppose à la thérapie par aversion pour le changement d’orientation sexuelle ou d’identité de genre.De nombreux États américains ont interdit son utilisation sur les mineurs, et les recherches ne montrent aucun fondement scientifique quant à son efficacité à modifier l’identité d’une personne.

Bien que la thérapie par aversion reste utilisée pour certaines conditions, ses antécédents de préjudice, en particulier dans les communautés LGBTQIA+, ont contribué à sa réputation controversée.

Thérapies alternatives

D’autres thérapies telles que la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), les techniques de pleine conscience et la thérapie d’exposition peuvent s’attaquer plus efficacement aux causes profondes des comportements.

Ces méthodes fonctionnent en modifiant les schémas de pensée et les réponses émotionnelles aux déclencheurs, aidant ainsi les gens à développer des habitudes plus saines sans compter sur des stimuli négatifs.