Points clés à retenir
- La théorie du développement psychosocial d’Erik Erikson comporte huit étapes qui couvrent toute la vie d’une personne.
- Chaque étape implique une crise psychosociale qui, lorsqu’elle est résolue positivement, aide une personne à acquérir une nouvelle vertu ou un nouveau comportement moral.
Le développement psychosocial décrit comment la personnalité d’une personne se développe et comment les compétences sociales sont acquises depuis la petite enfance jusqu’à l’âge adulte. Dans les années 1950, le psychologue Erik Erikson a publié sa théorie sur les huit étapes du développement psychosocial.Erikson pensait qu’à chaque étape, une personne traverse une « crise psychosociale » qui a un effet positif ou négatif sur sa personnalité.
Cet article traite des huit étapes du développement psychosocial d’Erikson, ainsi que de la critique de sa théorie.
Les principes du développement psychosocial
Selon Erikson, la personnalité et les compétences sociales d’un individu se développent en huit étapes, qui couvrent toute la vie. À chaque étape, une personne est confrontée à une crise psychosociale (des problèmes critiques) qui doivent être résolus. La personnalité d’une personne est façonnée par la façon dont elle réagit à chacune de ces crises. S’ils réagissent positivement, une nouvelle vertu (un comportement moral) est acquise.
Les étapes du développement psychosocial
Les huit étapes du développement psychosocial sont :
- Confiance contre méfiance
- Autonomie contre honte
- Initiative contre culpabilité
- Industrie contre infériorité
- Confusion entre identité et rôle
- Intimité vs isolement
- Générativité vs stagnation
- Intégrité de l’ego contre désespoir
Étape 1 : Confiance ou méfiance
La première étape de la théorie du développement psychosocial d’Erikson, confiance contre méfiance, commence à la naissance et dure jusqu’à l’âge de 18 mois environ. Durant cette étape, le nourrisson dépend entièrement de son soignant pour répondre à ses besoins. Avec des soins constants, le nourrisson apprend à faire confiance et à se sentir en sécurité. La vertu acquise à ce stade est « l’espoir ».
Le succès au stade 1 aide une personne à faire confiance aux autres dans ses relations futures, ainsi qu’à avoir confiance en sa propre capacité à faire face à des situations difficiles plus tard dans la vie. Lorsque les besoins d’un nourrisson ne sont pas satisfaits à ce stade, il peut devenir anxieux et méfiant.
Étape 2 : Autonomie contre honte
L’étape 2, autonomie vs honte, survient entre 18 mois et environ 3 ans. Au cours de cette étape, les capacités physiques des enfants se développent tout en explorant leur environnement et en apprenant à être plus indépendants.
Les enfants réagissent positivement au cours de l’étape 2 lorsque les soignants leur permettent de développer leur autonomie dans un environnement sûr. La vertu acquise à ce stade est la « volonté ».
Si l’enfant est trop critiqué ou vit dans un environnement contrôlant, il peut ressentir de la honte et douter de sa capacité à prendre soin de lui-même.
Compétences de l’étape 2
Des exemples de compétences acquises au cours de l’étape 2 de la théorie du développement psychosocial d’Erikson comprennent l’apprentissage de la propreté, l’habillement et le brossage des dents. Cette étape comprend également des compétences physiques telles que courir et sauter.
Étape 3 : Initiative contre culpabilité
L’étape 3, initiative contre culpabilité, survient pendant les premières années d’âge scolaire de la vie d’un enfant. Au cours de cette étape, un enfant apprend à initier des interactions sociales et des activités ludiques avec d’autres enfants. Les enfants posent également beaucoup de questions à ce stade.
Si l’enfant est trop contrôlé ou s’il a l’impression que ses questions sont ennuyeuses, il peut développer des sentiments de culpabilité. Cependant, lorsqu’un enfant réussit à ce stade, la vertu acquise est un sentiment de « but ».
Étape 4 : Industrie contre infériorité
Le stade 4 de la théorie d’Erikson sur le développement psychosocial se produit généralement entre 5 et 12 ans. La crise psychosociale à ce stade est celle de l’industrie contre l’infériorité. Durant cette étape, un enfant apprend à lire et à écrire. Les enfants de ce stade accordent également plus d’importance à ce que leurs pairs pensent d’eux et commencent à être fiers de leurs réalisations.
La vertu acquise lorsqu’un enfant réussit le stade 4 est la « compétence ». Si un enfant réagit négativement à cette crise psychosociale, cela peut conduire à des sentiments d’infériorité et à une faible estime de soi.
Personnalité : Erikson contre Freud
Alors qu’Erikson croyait que la personnalité se développe tout au long de la vie, le neurologue Sigmund Freud a basé ses théories sur le développement de la personnalité sur la conviction que la personnalité d’un adulte est principalement déterminée par les expériences de la petite enfance.
Étape 5 : Identité contre confusion
Le stade 5 survient à l’adolescence, entre 12 et 18 ans. À ce stade, la crise psychosociale est celle de l’identité contre la confusion. Au cours de l’étape 5, les adolescents tentent de « se retrouver » et recherchent un sentiment d’identité.
La vertu qui peut être acquise au stade 5 est la « fidélité » ou la fidélité. Au stade 5, les adolescents apprennent également à accepter les autres personnes différentes d’eux-mêmes.
Selon Erikson, si une personne réagit négativement à la crise au stade 5, cela peut conduire à une confusion des rôles – une incertitude sur elle-même et sur sa place dans la société.
Étape 6 : Intimité ou isolement
La crise psychosociale du stade 6, intimité ou isolement, survient chez les jeunes adultes (de 18 à 40 ans). L’objectif principal de cette étape est de développer des relations intimes, et la vertu à acquérir est « l’amour ».
Les personnes qui ne réussissent pas au stade 6 peuvent se sentir seules et isolées. Dans certains cas, cela peut conduire à la dépression.
Étape 7 : Générativité vs stagnation
Le septième niveau de développement psychosocial d’Erikson se produit à l’âge mûr, entre 40 et 65 ans. La crise à ce stade oppose générativité et stagnation.
La générativité est la façon dont une personne « laisse une marque » sur le monde en redonnant à la société. Cela peut inclure le mentorat de la jeune génération, la réussite professionnelle et un impact positif sur la communauté. La vertu qui peut être acquise au stade 7 est le « soin ».
Lorsqu’une personne ne réussit pas au stade 7, cela conduit à la stagnation. Cela peut amener la personne à se sentir inutile et déconnectée de sa communauté.
Étape 8 : Intégrité contre désespoir
La dernière étape de la théorie psychosociale du développement d’Erikson est celle de l’intégrité contre le désespoir. Cette étape commence vers l’âge de 65 ans et se poursuit pour le reste de la vie. Au cours de cette étape, une personne réfléchit à sa vie et à ses réalisations et accepte le fait que la mort est inévitable.
Selon Erikson, si une personne estime que sa vie n’a pas été productive ou si elle se sent coupable de choses qui se sont produites dans le passé, cela peut conduire à des sentiments de désespoir. Si une personne réussit au stade 8, la vertu à acquérir est la « sagesse ».
Il est courant que les personnes au stade 8 connaissent alternativement des périodes d’intégrité et de désespoir. Le but ultime est d’atteindre l’équilibre.
Critiques de la théorie d’Erikson
Il existe plusieurs critiques à l’encontre de la théorie psychosociale du développement d’Erikson. Certains critiques estiment qu’Erikson était trop concentré sur l’idée que ces étapes doivent être franchies de manière séquentielle et ne se produire que dans les tranches d’âge qu’il suggère.
D’autres critiques soulignent qu’Erikson a utilisé « l’expérience masculine » européenne ou américaine comme modèle pour tous les humains lorsqu’il a conçu ses étapes de développement.
De plus, Erikson ne fournit pas d’informations sur les types d’expériences qui doivent se produire pour qu’une personne réussisse à résoudre les crises psychosociales à chaque étape de son développement.
