L’un des moyens permettant aux investisseurs américains de détenir des actions étrangères de sociétés situées dans d’autres pays consiste à recourir à ce que l’on appelle les American Depository Receipts, ou ADR. Aux frais liés à la possession d’actions étrangères s’ajoutent les frais ADR, également appelés frais de transmission ADR ou frais de service ADR. Jetons un coup d’œil à ce qu’ils sont et comment ils fonctionnent.
Points clés à retenir
- Les certificats américains d’actions étrangères (ADR) permettent aux investisseurs américains de détenir des actions de sociétés étrangères.
- Les banques commerciales achètent des actions étrangères et les placent dans un fonds fiduciaire aux États-Unis, puis vendent des certificats pour les actions sur le marché.
- Les banques facturent divers frais ADR pour toute cette commodité et pour le paiement des dividendes en dollars américains.
- Les frais ADR peuvent apparaître sur votre relevé de compte en tant que « frais de maintenance » et ils ne sont pas chers, peut-être environ 5 $ pour 1 000 ADR.
Principes de base de l’ADR : pourquoi des frais existent
Pour expliquer pourquoi les frais ADR existent, nous devons d’abord examiner comment fonctionnent les ADR, comment ils sont structurés et pourquoi les banques les créent.
La version courte et simplifiée est qu’une banque commerciale se rend sur un marché boursier étranger et achète des actions étrangères. Elle ramène ensuite ces actions aux États-Unis, les place dans une sorte de fonds fiduciaire, émet des certificats représentant les actions qui se trouvent désormais dans le coffre-fort de la banque et vend ces certificats en bourse.
Lorsque la société étrangère verse des dividendes, par exemple en livre sterling, en euros, en yens ou dans toute autre monnaie locale qu’elle utilise, la banque prend l’argent, le convertit en dollars américains et le distribue aux propriétaires de certificats.
Cela accomplit plusieurs choses. Premièrement, cela permet à l’investisseur américain d’acheter ou de vendre des ADR en dollars américains. C’est beaucoup plus pratique que de devoir ouvrir un compte de trading mondial auprès d’une société de courtage internationale. Cela permet également, grâce aux économies d’échelle de l’ADR elle-même, d’acquérir des investissements plus petits de manière rentable. Si vous deviez acheter des actions directement sur le marché étranger, vous devrez investir au moins 10 000 $ à 100 000 $ dans la plupart des cas pour que cela soit rentable.
Deuxièmement, l’ADR vous permet de recevoir des dividendes en dollars américains. Pour une grande majorité de personnes vivant aux États-Unis, cela ne sert pas à grand-chose de se retrouver à recevoir des dollars australiens, des wons sud-coréens ou des pesos mexicains. Vous ne pouvez pas vous rendre dans votre McDonald’s local et l’utiliser pour acheter un Big Mac, ni payer votre loyer avec. En prime, en convertissant les millions et les millions de dollars reçus par les actions détenues dans l’ADR, la banque commerciale peut obtenir des taux de conversion bien meilleurs, ce qui signifie qu’au final, plus de pouvoir d’achat finit dans votre poche.
En échange de tout cela, la banque commerciale va facturer des frais ADR dans la plupart des cas. Les frais ADR sont relativement faibles et sont souvent évalués par ADR. Ils couvrent les dépenses de la banque et lui permettent de réaliser un bénéfice raisonnable sur le service.
Un exemple de ce à quoi pourraient ressembler des frais ADR
Utilisons Total, SE comme illustration. Total est l’un des plus grands géants pétroliers au monde. La société française a un ADR ici aux États-Unis qui se négocie sous le symbole TOT. Imaginez que vous détenez 1 000 de ces ADR sur votre compte de courtage.
Disons que la banque sponsor divise les derniers dollars américains qu’elle a échangés, en payant environ 0,825238 $ par ADR. Les investisseurs qui ont été assez intelligents pour profiter du traité entre les États-Unis et la France bénéficient du taux de retenue de dividende le plus bas de 15 %, au lieu de 30 %. Dans ce cas, cela aurait été d’environ 0,123795 $ par ADR. Enfin, la banque a facturé un demi-cent, soit 0,005 $, par ADR pour faciliter la transaction.
Pour vos 1 000 ADR, votre relevé de compte de courtage pourrait ressembler à ceci :
- 20/06/2020 Dividende qualifié = 825,30 $
- 20/06/2020 Impôt étranger payé = -123,80 $
- 20/06/2020 Frais de gestion ADR = -5,00$
En d’autres termes, vous avez peut-être vu apparaître 825,30 $ sur votre compte, puis immédiatement un retrait de 123,80 $ pour le gouvernement français et 5,00 $ supplémentaires pour les frais bancaires. Cela vous aurait laissé un dépôt net en espèces de 696,50 $. Dans l’ensemble, compte tenu du service fourni par la banque, c’est un merveilleux compromis qui a rendu votre vie d’investisseur beaucoup plus facile.
Méfiez-vous des calculs de frais ADR sur les sites Web financiers
L’inconvénient de tout cela est que de nombreux sites Web financiers, y compris les principaux portails financiers, proposent différentes manières de gérer à la fois les impôts étrangers payés et les frais ADR. Lorsque vous regardez le cours d’une action d’une société américaine – General Electric ou Coca-Cola en seraient de bons exemples – le taux de dividende et le rendement du dividende sont indiqués en chiffres avant impôts.
D’un autre côté, certains programmeurs s’emparent dufiletla distribution ADR, qui est un chiffre après impôt, donnant l’impression que l’action a un rendement en dividende beaucoup plus faible qu’elle ne l’est ; une comparaison de pommes et d’oranges. Cela a des conséquences intéressantes. Nestlé, l’une des valeurs de premier ordre les plus importantes et les plus anciennes au monde, est presque toujours traitée de cette façon, ce qui amène de nombreux investisseurs américains qui feraient bien d’envisager de l’avoir dans leur portefeuille familial à long terme pour chercher ailleurs, car cela semble artificiellement cher.
