Qu’est-ce que le syndrome post-avortement ?
Le syndrome post-avortement est un terme utilisé pour désigner un diagnostic résultant d’une interruption de grossesse. Il ne s’agit pas d’une maladie mentale mais d’un terme utilisé pour désigner le mélange d’émotions post-grossesse.
Les personnes qui le soutiennent estiment que les avortements sont nocifs pour la santé mentale et peuvent conduire à dépressionen raison de sentiments de culpabilité, de honte et de dégoût de soi. Certains associent également le syndrome de stress post-avortement à des symptômes similairestrouble de stress post-traumatique.
Cependant, selon l’American Psychiatric Association, il n’existe aucune preuve de problèmes de santé mentale distincts chez les personnes qui avortent.(1)
Il n’est pas reconnu par les grandes organisations comme une véritable condition médicale, car la source des symptômes du syndrome post-avortement varie, ce qui signifie que les symptômes peuvent également survenir pour d’autres raisons. Même si une personne se sent mal longtemps après un avortement, le meilleur diagnostic peut êtreanxiété, la dépression ou le trouble de stress post-traumatique.
Symptômes du syndrome post-avortement
La raison pour laquelle le syndrome post-avortement n’est pas considéré comme une pathologie réelle est que les symptômes sont incohérents. Différentes sources énumèrent différents symptômes.
Les symptômes les plus courants évoqués sont :
- Regret
- Remords
- Dépression
- Anxiété
- L’automutilation
- Conflit spirituel ou religieux
- Culpabilité et honte
- Problème relationnel
Certaines réponses courantes à l’avortement comprennent :
Relief
Mettre fin à une grossesse non désirée peut apporter un sentiment de soulagement et de gratitude. Une étude a révélé que cinq ans après l’avortement, l’émotion prédominante était le soulagement, car elles pensaient que l’avortement était le bon choix.(2)
Chagrin ou tristesse
Certaines personnes, principalement celles qui souhaitaient une grossesse et ne sont pas en mesure de la maintenir, éprouvent du chagrin ou de la tristesse après un avortement. Cela peut être dû au manque d’argent, de ressources ou de santé physique ou mentale pour élever l’enfant.
Une étude montre que la difficulté à prendre la décision d’interrompre une grossesse augmente le risque de ressentir des émotions négatives.(2)
Bonheur
Certaines personnes ont peur d’une grossesse et le sentiment de pouvoir avorter peut les rendre heureuses. En comparant les personnes qui pouvaient avorter à celles qui ne le pouvaient pas, il a été constaté que celles qui avaient accès à l’avortement éprouvaient des sentiments de bonheur à l’idée de pouvoir y recourir.(3)
Honte
L’avortement est stigmatisé et les personnes qui le pratiquent sont considérées comme mauvaises, pécheresses, sans amour ou égoïstes.
La stigmatisation issue des propres croyances des gens est appelée stigmatisation intériorisée. Une enquête réalisée en 2018 auprès de 155 femmes en Irlande a révélé qu’un niveau plus élevé de stigmatisation intériorisée présageait une détresse psychologique après un avortement.(4)
Que ressentent les personnes qui ne peuvent pas accéder à l’avortement ?
Aucune étude ne montre que l’avortement volontaire n’augmente pas le risque de maladie mentale.
Cependant, des recherches effectuées sur des personnes ayant subi un avortement et sur celles qui ne pouvaient pas y avoir accès ont rapporté que les personnes qui n’ont pas pu y accéder ont vécu :
- Plus de regret et colère(3)
- Moins de bonheur et de soulagement
- Baisse de l’estime de soi(5)
- Niveaux élevés d’anxiété et de dépression
Au fil du temps, les personnes qui ne pouvaient pas accéder à l’avortement ont signalé une amélioration de leur bien-être.
Pourquoi les gens se sentent mal après un avortement
Certains facteurs de risque peuvent augmenter le risque de sentiments négatifs après un avortement :
- Certaines personnes qui souhaitent une grossesse, mais doivent y interrompre pour certaines raisons, éprouvent du regret et de la tristesse.
- Pression de la famille ou des parents pour avorter de l’enfant.
- Les campagnes contre l’avortement provoquent un sentiment de culpabilité chez ceux qui le pratiquent.
- L’isolement social est également une cause de sentiments négatifs après un avortement.(4)
- Les antécédents de négligence ou de maltraitance pendant l’enfance augmentent les risques de dépression chez celles qui ont subi un avortement.
- Les personnes ayant des antécédents d’anxiété, de dépression ou d’autres problèmes de santé mentale sont plus susceptibles de ressentir des émotions négatives après un avortement.
Soutien après l’avortement
Trouver du soutien après un avortement peut être une tâche difficile, car la plupart des organisations qui apportent un soutien sont contre l’avortement. Cela peut amener une personne à se sentir coupable et honteuse de sa décision.
Il est donc très important de demander l’aide d’un organisme approprié.
Le syndrome post-avortement n’est pas une condition médicale. Les personnes peuvent éprouver des émotions telles que la tristesse, l’anxiété ou la dépression, et même un sentiment de bonheur selon la raison pour laquelle elles ont avorté. Une personne ayant un sentiment inapproprié peut demander l’aide d’une organisation, d’un médecin ou d’un thérapeute réputé.
