Le terme séquestration vient du mot latinsaisir,ce qui signifie essentiellement mettre quelque chose de côté en lieu sûr. Lorsque les anciens Romains ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur l’identité du propriétaire d’un bien, ils le donnaient à un tiers, appelé leséquestrer, OMS il l’a conservé jusqu’à ce que les deux parties résolvent leurs différends.
En ce qui concerne le budget fédéral, la séquestration consiste à réduire les dépenses en supprimant le financement de certains programmes gouvernementaux.Le Bureau du budget du Congrès fournit les estimations, et le Bureau de la gestion et du budget prend la décision finale sur l’opportunité et le montant du séquestre.
Comment fonctionne la séquestration budgétaire
Le Congrès a lancé le processus de séquestration avec la loi de 2011 sur le contrôle budgétaire. Lorsque les Républicains et les Démocrates ne parvenaient pas à s’entendre sur la meilleure manière de réduire le déficit, ils ont utilisé la menace du séquestre pour se forcer à parvenir à un accord. Mais comme ils ne parvenaient pas à se mettre d’accord, le séquestre est entré en vigueur, réduisant les dépenses de 900 milliards de dollars sur 10 ans.
Le séquestre visait à réduire le déficit fédéral de 1,2 billion de dollars sur la même période. Il visait à y parvenir de deux manières. Premièrement, il a réduit de 109 milliards de dollars le budget de chaque exercice à partir de 2013, en retranchant un montant égal au budget obligatoire et au budget discrétionnaire.
Note
Les fonds destinés aux dépenses obligatoires sont ainsi appelés parce qu’ils doivent être affectés aux dépenses de ces programmes ; ils ne peuvent pas être modifiés sans une autre loi du Congrès. Le budget discrétionnaire comprend toutes les autres agences du gouvernement fédéral. La moitié concerne des dépenses militaires.
Deuxièmement, la séquestration a fixé des plafonds de dépenses. Si les plafonds étaient dépassés, le Trésor américain devait alors retenir tous les fonds dépassant le plafond.Ces bouchons constituent un système de sécurité.
Le séquestre de l’exercice 2013
Le plafond de dépenses pour l’exercice 2013 était de 1 002 milliards de dollars, soit 60 milliards de dollars de moins que le plafond de 1 062 milliards de dollars pour l’exercice 2012.Le séquestre a supprimé ces quatre domaines principaux :
- Dépenses militaires : 42,7 milliards de dollars, soit 7,9 %
- Medicare : 11,3 milliards de dollars provenant d’une réduction de 2 % des paiements aux prestataires
- Autres programmes obligatoires : 5,4 milliards de dollars, ou 5,1 %
- Autres programmes discrétionnaires hors défense : 25,8 milliards de dollars, soit une réduction de 5 %
Ces réductions ont commencé le 1er mars 2013. La séquestration devait initialement avoir lieu le 1er janvier, mais le Congrès a déplacé la date à mars dans le cadre de son accord pour éviter le précipice budgétaire, une série d’augmentations d’impôts qui auraient affecté le déficit de 607 milliards de dollars, soit 3,7 % du produit intérieur brut.
Le séquestre de l’exercice 2014
Le plafond de dépenses pour l’exercice 2014 était de 1 120 000 milliards de dollars.Les Républicains de la Chambre voulaient maintenir le plafond mais déplacer toutes les coupes budgétaires des programmes militaires vers d’autres programmes nationaux. Les démocrates voulaient relever le plafond, mettre fin au séquestre et revenir au processus budgétaire normal.
Le Congrès a ensuite décrété des réductions de 109,3 milliards de dollars :
- Dépenses militaires : 54,7 milliards de dollars, soit 9,8 %
- Medicare : 11,2 milliards de dollars, soit 2 %
- Autres programmes obligatoires : 6,2 milliards de dollars, ou 7,3 %
- Autres programmes discrétionnaires hors défense : 37,2 milliards de dollars, ou 7,3 %
Qu’est-ce qui a causé la séquestration
Pourquoi le Congrès n’a-t-il pas simplement créé un budget qui reste en dessous du plafond de la dette ?
En août 2011, démocrates et républicains ne parvenaient pas à s’entendre sur la meilleure manière de réduire le déficit budgétaire. L’impasse qui en a résulté s’est transformée en crise budgétaire en 2011. Les dépenses existantes et les réductions d’impôts ont poussé la dette nationale vers le plafond prédéterminé.
Pour éviter un défaut de paiement, les dirigeants des partis ont finalement accepté de nommer un super comité bipartisan pour trouver une solution.Ils ont également relevé le plafond de la dette de 2 300 milliards de dollars. Mais le super comité n’est pas parvenu à élaborer un plan dans les délais. Il a même ignoré les recommandations raisonnables du rapport Simpson-Bowles.
Cet échec a déclenché les réductions des séquestres. Ce n’est qu’après l’élection présidentielle de 2012 que le Congrès boiteux a pu se recentrer sur le budget, dans une tentative de dernière minute pour éviter la séquestration et le reste du précipice budgétaire. Il a réussi à éviter la falaise mais pas la séquestration.
Effets et impact
À court terme, la séquestration a ralenti la croissance économique, même si on ne sait pas exactement dans quelle mesure. Le ralentissement n’a pas été aussi important qu’on le craignait initialement, car les dépenses publiques constituent une composante majeure du PIB. Le chômage a augmenté et les revenus personnels ont diminué.La réduction des paiements aux médecins a entraîné l’abandon de Medicare, ce qui a réduit le choix des patients. Les budgets des aides d’État, de la construction d’autoroutes et du FBI ont également été réduits.
Des déficits persistants
Les réductions des dépenses se poursuivent chaque année jusqu’en 2021. Les ajustements apportés à la loi sur le contrôle budgétaire ont été modifiés à plusieurs reprises pour augmenter les plafonds des dépenses de défense ou de sécurité. Le plafond en 2021 a été fixé à 672 milliards de dollars pour les dépenses militaires et à 627 milliards de dollars pour les dépenses non militaires.
Une analyse du Congressional Budget Office du budget 2021 du président Trump prévoyait que les déficits totaliseraient 11 000 milliards de dollars au cours des 10 prochaines années ; les dépenses de santé obligatoires seraient réduites de 581 milliards de dollars et les recettes fédérales seraient réduites de 936 milliards de dollars.
