Quelle est la différence entre l’hépatite D et l’hépatite E ?
L’hépatite D (HDV) et l’hépatite E (HEV) partagent certaines différences, mais la plus importante est le mécanisme de transmission : dans le cas du HDV, il s’agit de la voie permuqueuse ou percutanée, ce qui désigne l’intermédiaire d’une muqueuse ou d’une peau ; tandis que dans le cas du VHE, ils nécessitent généralement une transmission orofécale, provoquée par la consommation d’eau contaminée.
À propos de l’hépatite D
Le virus delta ou virus D (VHD) est un virus défectueux qui nécessite la présence du virus de l’hépatite B pour produire une infection. Le virion possède une enveloppe lipoprotéique formée par l’HBsAg et une structure protéique interne où réside le génome viral, constituée d’un seul brin d’ARN qui forme un complexe avec le seul antigène codé par le virus lui-même, l’HDAg. L’infection est très fréquente chez les enfants et les jeunes. La transmission est permuqueuse ou percutanée et est favorisée par le manque d’hygiène. L’infection par le HDV doit être suspectée chez les patients provenant de zones d’endémie (pays d’Europe de l’Est, Méditerranée et Amérique centrale) et chez les usagers de drogues administrées par voie parentérale et jamais en l’absence d’infection par le VHB. Différentes situations cliniques liées à l’infection par le HDV telles que la co-infection HBV/HDV, la surinfection par le HDV chez des patients déjà infectés par le HBV ou l’infection chronique par le HDV peuvent être caractérisées par l’étude de la présence ou non d’ARN viral, d’AgHD et d’anticorps anti-VIH. –VHD.
Les présentations cliniques de l’infection peuvent varier de formes aiguës bénignes, de formes chroniques parfois asymptomatiques jusqu’à une hépatite fulminante. L’infection simultanée par le HDV et le VHB (co-infection) conduit généralement à une hépatite aiguë, souvent spontanément résolutive et impossible à distinguer de l’hépatite aiguë par le VHB seule. L’infection par le HDV chez les patients précédemment infectés par le VHB (surinfection) a généralement un pronostic plus sombre, provoque une hépatite aiguë sévère ou une exacerbation de l’hépatite B chronique. L’évolution vers une forme chronique d’hépatite due au HDV se produit chez presque tous les patients.
La présence de VHD ne doit pas être recherchée en l’absence de VHB. Le diagnostic microbiologique du HDV repose sur la détection et/ou la quantification des antigènes, des anticorps et du génome du virus. Les échantillons de choix sont le sérum et, dans certains cas, la biopsie hépatique.
À propos de l’hépatite E
C’est la première cause d’hépatite et d’ictère dans le monde avec 20 millions de nouvelles infections, 3 millions d’hépatites aiguës et 57 000 décès chaque année. L’hépatite E est une infection virale à transmission typiquement orofécale, principalement par l’eau contaminée. Ses caractéristiques cliniques sont celles d’une hépatite aiguë semblable à celle provoquée par le VHA.
Le virus de l’hépatite E (VHE) appartient à la famille des Hepeviridae et constitue le genre Hepevirus. C’est un virus à ARN, de polarité positive et de petite taille, sans enveloppe, et icosaédrique. Il existe 4 génotypes décrits, dont I et II affectent exclusivement l’homme et III et IV l’homme et les animaux, notamment le porc. Son mécanisme de transmission est très similaire à celui de l’hépatite A et, comme celle-ci, l’hépatite E ne devient généralement pas chronique. Bien que la maladie présente généralement une faible mortalité (0,2 à 0,3 %), elle peut devenir extrêmement grave chez la femme enceinte, où elle provoque fréquemment une insuffisance hépatique fulminante avec des taux de mortalité compris entre 20 et 30 % et chez les patients immunodéprimés.
La période d’incubation moyenne de l’hépatite E est d’environ 40 jours. L’élévation des valeurs sériques des enzymes hépatiques se produit généralement entre 30 et 120 jours après l’infection. L’excrétion fécale du VHE commence environ une semaine avant l’apparition des symptômes de la maladie et se poursuit pendant 2 ou 3 semaines par la suite. La phase « ictérique » se caractérise par l’apparition d’une coloration jaunâtre de la peau et des muqueuses, associée à un état grippal. On peut également observer une colurie (présence d’éléments biliaires dans les urines), des selles de couleur argileuse, une hépato- et splénomégalie (hypertrophie du foie et de la rate), un érythème et des éruptions cutanées prurigineuses, etc.
Les tests immunoenzymatiques constituent le principal outil de diagnostic pour la détection des anticorps contre le VHE. Le génome (ARN) du VHE peut être détecté dans les selles et le sérum par RT-PCR. Sa détection indique une infection active. Le diagnostic de l’infection par le VHE est très similaire à celui de l’infection par le VHA et repose sur la détection indirecte d’anticorps spécifiques de type IgM et IgG qui constituent les marqueurs sérologiques de l’infection.
Références :
- Organisation mondiale de la santé (OMS) – Hépatite D :https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/hepatitis-d
- Organisation mondiale de la santé (OMS) – Hépatite E :https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/hepatitis-e
- Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) – Hépatite D :https://www.cdc.gov/hepatitis/hdv/index.htm
- Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) – Hépatite E :https://www.cdc.gov/hepatitis/hev/index.htm
- Clinique Mayo – Hépatite D : https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/hepatitis-d/symptoms-causes/syc-20353253
- Clinique Mayo – Hépatite E : https://www.mayoclinic.org/diseases-conditions/hepatitis-e/symptoms-causes/syc-20367067
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