Points clés à retenir
- L’aléa moral implique qu’une partie prenne des risques que d’autres devront payer.
- Ceux qui paient les coûts manquent souvent d’informations complètes sur ceux qui prennent les risques.
- Le risque moral peut exister dans divers domaines, notamment l’assurance, les prêts, l’investissement, etc.
Définition et exemples de risque moral
Pour les compagnies d’assurance, la notion d’aléa moral signifie que les assurés peuvent prendre des risques qu’ils ne prendraient pas autrement s’ils étaient tenus seuls responsables du résultat. La plupart des gens n’ont pas l’intention de profiter d’une compagnie d’assurance, mais si vous réalisez que vos risques sont limités, le risque moral pourrait s’infiltrer dans vos calculs mentaux.
Le risque et la récompense vont généralement de pair. Si vous prenez un risque, vous payez un prix lorsque les choses tournent mal, et vous pouvez vous en sortir si le risque est payant. Mais lorsque le « risque moral » entre en jeu, les choses fonctionnent différemment.
Par exemple, une personne assurée ou une organisation peut être incitée à prendre plus de risques qu’elle ne le ferait autrement, car elle n’a pas à les payer. S’ils prennent un risque et que tout se passe bien, ils gagnent. Si les choses tournent mal, mais que quelqu’un d’autre en paie le prix, les conséquences de la prise de risque sont minimes.
Comment fonctionne le risque moral
Lorsqu’un aléa moral se produit, une personne ou une entité a la possibilité de profiter de l’autre.Ils peuvent prendre des risques inattendus ou engager des coûts qu’ils n’auront pas à payer, quoi qu’il arrive ensuite. Le concept s’applique à tous les types d’assurance.
Par exemple, une compagnie d’assurance peut vendre une police d’assurance automobile à un client. Dans ce cas, l’assureur est responsable des dommages causés au véhicule – ou causés par le véhicule – et le client paie les primes d’assurance pour cette protection.
Le client pourrait se rendre compte qu’il y a moins de risques à conduire de manière imprudente si la compagnie d’assurance paie (presque) tout. Par exemple, le client peut conduire à grande vitesse sur des routes glissantes, sachant que la compagnie d’assurance est susceptible de payer pour tout dommage potentiel au véhicule. Même si le client sortait de la route et détruisait une clôture, la compagnie d’assurance pourrait toujours être responsable du paiement.
Note
Le client peut devoir payer une franchise et vivre sans véhicule pendant que les réparations sont terminées, et des accusations civiles ou pénales peuvent être portées pour comportement imprudent. Néanmoins, avec une politique globale, le coût financier peut être relativement faible.
Ce que cela signifie pour les compagnies d’assurance
Avec l’assurance, l’aléa moral peut amener les gens à prendre des risques plus importants ou à supporter des coûts plus élevés qu’ils ne le feraient autrement. Dans une situation où l’aléa moral est présent, il existe généralement un décalage entre la quantité d’informations dont dispose chaque partie sur les risques encourus.
Pour poursuivre l’exemple ci-dessus, la compagnie d’assurance peut raisonnablement supposer que les conducteurs souhaitent généralement éviter les accidents. Les compagnies d’assurance utilisent des statistiques pour avoir une idée du niveau de risque présent dans la population en général, mais elles ne peuvent pas savoir ce qui se passe dans l’esprit de chaque client. Les conducteurs veulent arriver à destination en toute sécurité, mais certaines personnes peuvent être tentées par les avantages potentiels de prendre des risques démesurés.
L’aléa moral peut également être un facteur en matière d’assurance-vie. Lorsqu’une personne pense qu’elle risque de mourir, elle peut être motivée à souscrire une assurance. Cette croyance peut découler de la connaissance de problèmes de santé ou d’idées suicidaires, et les compagnies d’assurance disposent de plusieurs stratégies pour réduire les risques. Pour gérer leur exposition aux risques, les assureurs procèdent souvent à un examen approfondi des antécédents médicaux, de la profession et des passe-temps potentiellement à risque du demandeur, et peuvent même exiger un examen médical. Ils pourraient également ne pas verser de prestation de décès si l’assuré décède par suicide dans les deux ans suivant la date d’émission de la police.
Note
Si vous avez des pensées suicidaires, contactez la National Suicide Prevention Lifeline au 800-273-8255 pour obtenir le soutien et l’assistance d’un conseiller qualifié. Si vous ou un de vos proches êtes en danger immédiat, appelez le 911.
Sélection adverse
Le risque moral est lié à la « sélection adverse », ou à la tendance des personnes présentant des niveaux de risque plus élevés à souscrire une couverture d’assurance plus généreuse.Lorsque les gens pensent qu’ils risquent de subir une perte, ils peuvent préférer qu’une autre entité, comme une compagnie d’assurance, paie les coûts. Une personne qui pense être en bonne santé pourrait opter pour un régime d’assurance maladie sans fioritures, tandis que les personnes ayant des problèmes de santé pourraient souhaiter une couverture plus solide.
Note
L’antisélection affecte vos décisions concernant l’achat ou non d’une couverture (et le montant à acheter). Le risque moral affecte la prise de décisionaprèsvous disposez d’une couverture d’assurance.
Événements notables
L’aléa moral existe dans plusieurs domaines au-delà de l’assurance. Chaque fois qu’une personne peut prendre un risque que d’autres pourraient payer, le risque moral entre en ligne de compte. Par exemple, ce phénomène pourrait avoir contribué à la crise hypothécaire qui a culminé en 2007 et 2008.
Avant la crise, les prêteurs étaient désireux de réaliser des bénéfices en accordant des prêts, mais ils vendaient souvent ces prêts à des investisseurs.N’ayant pas de « peau en jeu », ils étaient peu incités à gérer les risques et à garantir que les emprunteurs puissent rembourser leurs prêts. En conséquence, les prêteurs ne vérifiaient pas toujours que les emprunteurs disposaient de revenus et d’actifs suffisants pour être admissibles à des prêts hypothécaires importants. En vendant ces prêts, les prêteurs pourraient éviter les conséquences si les emprunteurs devaient par la suite faire défaut sur leurs prêts hypothécaires.
