Tests de résistance des banques

Les récessions et les krachs boursiers sont douloureux pour tout le monde, et ils peuvent être particulièrement gênants pour les banques. Les banques prêtent généralement plus d’argent qu’elles n’en disposent, de sorte que leurs pertes sont amplifiées et se répercutent sur l’économie. Afin d’éviter des conséquences catastrophiques, les banques utilisent des tests de résistance pour prédire ce qui se passera lorsque les choses tourneront mal.

Qu’est-ce qu’un test de résistance bancaire ?

Un test de résistance bancaire est un exercice qui aide les directeurs de banque et les régulateurs à comprendre la solidité financière d’une banque. Pour compléter le test, les banques exécutent des scénarios de simulation pour déterminer si elles disposent de suffisamment d’actifs pour survivre pendant les périodes de tensions économiques. Les tests de résistance supposent que les banques perdent de l’argent et mesurent les effets attendus sur les portefeuilles bancaires au fil du temps.

Aux États-Unis, les banques utilisent trois ensembles différents de conditions pour estimer leurs niveaux de fonds propres : conditions de référence, conditions défavorables et conditions très défavorables. Par exemple, les banques pourraient avoir besoin de modéliser un environnement caractérisé par un chômage élevé, un krach du marché immobilier et un ralentissement de l’économie. La Réserve fédérale fournit chaque année les détails des tests de résistance en indiquant aux banques les hypothèses spécifiques à utiliser.

Pourquoi tester les banques ?

Des banques saines sont essentielles au bon fonctionnement de l’économie et elles affectent notre vie quotidienne. Lorsque les grandes banques représentent un « risque systémique », elles peuvent causer de graves dommages à grande échelle en cas de faillite, c’est pourquoi les régulateurs établissent des règles conçues pour empêcher de telles conséquences.

Le modèle de banque le plus simple est celui d’une institution qui accepte des dépôts et prête cet argent à d’autres clients. Mais les choses ont évolué à un point tel que les banques prennent davantage de risques et utilisent de plus en plus leur effet de levier pour améliorer leurs bénéfices.

Durant la crise financière de 2007-2009, les marchés financiers se sont arrêtés. Les grandes institutions financières ont fait faillite et les banques sous-capitalisées n’ont pas pu absorber les pertes et survivre lorsque d’autres n’ont pas remboursé leurs prêts. Ces échecs ont provoqué une réaction en chaîne d’événements de plus en plus effrayants.

Finalement, le gouvernement américain (et d’autres gouvernements du monde entier) est intervenu pour stabiliser les marchés financiers. Le gouvernement américain a soutenu plusieurs grandes institutions financières et agences liées aux prêts hypothécaires pour contribuer à maintenir la liquidité du système financier. Le résultat a été que les institutions financières mondiales sont devenues plus disposées à effectuer des transactions commerciales, aidant ainsi les particuliers, les entreprises et les gouvernements à obtenir l’argent dont ils avaient besoin. De plus, la FDIC et la NCUA ont toutes deux augmenté les montants de l’assurance-dépôts de 100 000 $ à 250 000 $ pour améliorer la confiance des consommateurs et empêcher les paniques bancaires.

En fin de compte, la crise financière a provoqué des troubles qui ont conduit à la misère de millions de personnes (notamment des pertes d’emploi, des saisies immobilières et des rêves de retraite brisés). Les efforts de sauvetage mettent également en danger l’argent des contribuables, même si le Trésor américain a pu s’en sortir après la reprise de l’économie.

Types de tests de résistance

Les banques, les sociétés holding bancaires et autres institutions disposant d’actifs de plus de 250 milliards de dollars doivent effectuer des tests de résistance. Les tests requis dépendent de la banque.

Tests de résistance selon la loi Dodd-Frank (DFAST)

Toutes les banques dépassant le seuil de 250 milliards de dollars doivent satisfaire au DFAST en effectuant périodiquement des tests effectués par l’entreprise (annuellement ou semestriellement, selon le type d’institution) et en soumettant les résultats à la Fed.

Analyse et examen complets du capital (CCAR)

Les banques disposant d’actifs de plus de 100 milliards de dollars doivent également se soumettre à des tests de résistance CCAR de surveillance plus rigoureux. Pour les plus grandes institutions (plus de 250 milliards de dollars d’actifs), le CCAR peut inclure un aspect qualitatif ainsi que les éléments quantitatifs standards. Les examens qualitatifs comprennent un examen des politiques et procédures internes de la banque pour traiter les problèmes, les opérations sur titres proposées, etc.

Règles d’après-crise

Afin d’éviter que l’histoire ne se répète, la loi sur la protection des consommateurs, également connue sous le nom de loi Dodd-Frank, est entrée en vigueur en 2010. La loi obligeait les banques à effectuer des tests de résistance annuels, bien que cette fréquence ait depuis été réduite.Les coopératives de crédit n’étaient pas explicitement tenues d’effectuer des tests de résistance sous la loi Dodd-Frank, mais la National Credit Union Administration a créé des règles similaires pour superviser les grandes coopératives de crédit.

Impacts des tests de résistance

Les tests de résistance fournissent aux régulateurs les informations nécessaires pour évaluer le financement et la liquidité des banques, et leur permettent de pénaliser les banques qui risquent de devenir insolvables.

Informations publiques

Les banques doivent publier périodiquement les résultats des tests de résistance, afin que les informations soient accessibles au public. En conséquence, toute personne souhaitant travailler avec des banques financièrement stables peut facilement identifier celles qui sont les plus solides. Les déposants dont les dépôts dépassent les limites d’assurance peuvent essayer de réduire le risque de perte d’argent en évitant les banques faibles.

Conséquences

Les régulateurs peuvent intervenir et empêcher les banques faibles de verser des dividendes aux actionnaires et de participer à des fusions et acquisitions. Ils peuvent même imposer des amendes.

Gestion des risques

Même s’il s’agit peut-être d’un exercice malvenu, les tests de résistance peuvent s’avérer instructifs pour les dirigeants de banque. Ils comprennent l’impact des environnements économiques difficiles et savent comment prévenir les catastrophes (idéalement avant qu’elles ne surviennent).

L’essentiel

Les tests de résistance sont conçus pour garantir que les banques prennent les mesures nécessaires pour éviter la faillite en cas de crise économique. Ces tests visent en fin de compte à protéger les consommateurs qui confient leur argent aux banques et à empêcher qu’une crise financière ne s’aggrave rapidement.